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Les États-Unis ont envisagé une opération des forces spéciales pour sécuriser l’uranium enrichi iranien

Selon un rapport exclusif publié le 28 juillet 2026, les États-Unis auraient étudié une option militaire impliquant les Rangers de l’Armée de terre et les SEAL de la Marine dans une opération visant à récupérer l’uranium enrichi en Iran.

L’objectif principal serait de sécuriser ce matériau nucléaire qui pourrait ne pas être détruit lors d’éventuelles frappes aériennes. Toutefois, ni le Département de la Défense ni le Commandement Central américain n’ont officiellement confirmé que cette opération ait été validée ou confiée à des unités précises.

D’après une source proche de la planification militaire américaine, le scénario envisagé consisterait en une mission terrestre d’envergure et complexe, mobilisant des troupes, des ingénieurs, des spécialistes en explosifs, un appui aérien ainsi qu’une force réduite chargée de la récupération. Si autorisée, cette opération exigerait d’introduire des forces américaines dans des installations nucléaires fortement protégées, de sécuriser les points d’accès endommagés ou obstrués, d’établir des périmètres de sécurité et de déplacer le matériel radioactif à travers des zones contestées.

Composition possible des forces

Le rapport mentionne la présence probable d’éléments tels que le détachement Silver Squadron du SEAL Team 6, le 2e bataillon des Rangers et la 21e compagnie d’artillerie de l’Armée américaine. Ces informations, cependant, proviennent d’une source secondaire et aucune confirmation officielle n’indique que ces unités aient été sélectionnées ou préparées pour cette mission.

Différences avec une campagne aérienne classique

Cette option s’écarte fondamentalement d’une attaque conventionnelle. Si les frappes de précision peuvent endommager les centrifugeuses, l’alimentation électrique, les entrées de tunnels et les infrastructures, elles ne garantissent ni la destruction ni la récupération de l’uranium stocké dans des conteneurs sécurisés, ni de celui déplacé avant les attaques. Une force terrestre chercherait, elle, à localiser, sécuriser, conditionner puis extraire ce matériau.

Avant la perte d’accès aux vérifications régulières à la suite d’attaques sur les sites nucléaires iraniens, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait recensé un stock important d’uranium enrichi à 60 % en uranium-235. Ce niveau d’enrichissement qualifie ce matériau d’uranium hautement enrichi, nécessitant beaucoup moins d’enrichissement supplémentaire pour atteindre le seuil utilisé dans les armes nucléaires. Toutefois, la quantité exacte, l’état et l’emplacement actuels restent inconnus.

Sites potentiels et défis opérationnels

Le rapport cite notamment les installations de Fordow et d’Ispahan comme susceptibles d’être concernées. Toute tentative de récupération dans ces sites fortifiés ou endommagés requerrait des renseignements précis sur la localisation des cylindres de stockage, le niveau de radiation, les dégâts structurels, les défenses iraniennes ainsi que la présence éventuelle d’explosifs autour des entrées ou des tunnels.

En théorie, les Rangers pourraient assurer des positions défensives et sécuriser les voies d’accès pendant que des équipes d’assaut spécialisées progresseraient dans les zones sensibles. Ensuite, des experts nucléaires et démineurs interviendraient pour identifier les matériaux dangereux, évaluer les conteneurs compromis et préparer l’uranium à son évacuation. L’emploi d’hélicoptères, de transports aériens stratégiques, de moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi que le soutien de guerre électronique et de forces terrestres conventionnelles pourrait également être nécessaire.

Une opération aux multiples inconnues

Cette configuration reste à ce stade hypothétique et non confirmée. L’ampleur de la mission dépendrait de la concentration du stock d’uranium : s’il est toujours localisé en sites délimités, dispersé entre plusieurs lieux, ou enfoui sous les décombres d’attaques précédentes. Un inventaire fragmenté transformerait une incursion ciblée en une longue opération de recherche et de sécurisation, augmentant les risques d’attaques iraniennes en réaction.

Les États-Unis possèdent une expérience dans l’exploitation de sites sensibles et la conduite d’opérations spéciales de longue portée. Toutefois, ni la recherche d’armes de destruction massive en Irak en 2003 ni l’opération Neptune Spear en 2011 ne constituent des modèles directs pour ce type de récupération d’uranium enrichi.

L’opération en Irak avait souligné le besoin de moyens techniques et de sécurité adaptés, tandis que l’incursion au Pakistan avait montré comment intelligence, aviation spécialisée et forces d’assaut pouvaient s’articuler pour une mission délicate politiquement. Une intervention en territoire iranien serait probablement plus vaste, plus prolongée et logistique plus complexe.

Un enjeu stratégique majeur

La récupération physique de l’uranium enrichi offrirait un résultat en matière de lutte contre la prolifération supérieure à la simple destruction des infrastructures d’enrichissement. En cas de succès, elle empêcherait en partie le camouflage ou la réutilisation du stock, permettant aux spécialistes de prendre la garde du matériel. Toutefois, ne pas localiser la totalité des réserves introduirait une incertitude sur le volume restant et sa destination.

Des rapports antérieurs avaient déjà évoqué la préparation par l’armée américaine d’une proposition visant la saisie d’uranium iranien à la demande présidentielle, soutenant l’idée que cette option a bien été considérée. Le dernier rapport apporte des détails supplémentaires sur le déploiement et la logistique, mais ceux-ci reposent toujours sur des sources anonymes et secondaires.

En conclusion, les éléments disponibles confirment que Washington a envisagé une opération risquée de récupération d’uranium. Néanmoins, rien ne prouve que les Rangers ou les SEAL aient reçu un ordre d’exécution, que le déploiement décrit soit définitif, ni que l’incursion soit imminente.

Alain Servaes