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Après l’abandon en juin du programme de système aérien de combat conjoint franco-allemand, l’avenir des avions de chasse européens est plus que jamais en question. La collaboration entre Dassault Aviation et Airbus Defence and Space a échoué, notamment à cause de différends sur le leadership et les spécifications techniques, tels que le souhait français d’un avion plus petit capable d’opérer depuis ses porte-avions, ce que l’Allemagne ne possède pas.

Conséquence directe, l’industriel français Safran a annoncé la fin de sa coopération avec l’allemand MTU Aero Engines pour la fabrication des moteurs destinés à cet avion de combat.

Face à cette situation, l’Allemagne envisage désormais de rejoindre le programme GCAP (Global Combat Air Programme), dirigé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, qui travaille sur le chasseur de 6e génération Tempest. Cette possible intégration soulève la question d’une fragmentation industrielle majeure si plusieurs projets européens de chasseurs coexistent.

La France, elle, reste déterminée à développer un nouvel avion de combat, seul ou avec quelques partenaires, avec l’objectif de faire voler un prototype dès 2031. Dassault pourrait cependant privilégier une évolution de son Rafale actuelle, le rendant plus compétitif avec des améliorations en radar, armement et numérisation, mais sans révolution technologique majeure pour rivaliser avec la furtivité avancée des chasseurs de 6e génération.

Un point crucial qui se pose à tout le secteur est celui de la pertinence de ces chasseurs pilotés versus les drones autonomes ou semi-autonomes. L’industrie semble s’accorder pour dire que ces chasseurs resteront indispensables, mais épaulés par des essaims de drones collaboratifs capables d’effectuer des missions plus risquées.

Par ailleurs, le Royaume-Uni débat de son budget de défense, notamment pour atteindre son objectif de consacrer 3 % du PIB à la défense, une donnée importante pour soutenir le programme Tempest et la collaboration GCAP.

Au niveau industriel, bien que l’intégration de l’Allemagne dans GCAP puisse renforcer le programme financièrement et techniquement, elle risque aussi d’engendrer des retards. Les industriels britanniques et italiens affichent toutefois une certaine ouverture. Une société commune nommée Edgewing a été créée pour coordonner Tempest et gérer les risques de conflits industriels.

Enfin, les experts alertent qu’une multiplication des projets européens pourrait affaiblir la compétitivité des constructeurs face aux concurrents internationaux, en dispersant les commandes sur plusieurs plateformes difficiles à rentabiliser. Avec des forces aériennes européennes comptant moins de 600 avions de combat en service, économiquement un seul programme à grande échelle serait viable.

Dans ce contexte, les acteurs européens devront faire preuve d’une grande rapidité et de pragmatisme pour éviter de reproduire les erreurs du passé, alors que le niveau technologique exigé intègre des systèmes de furtivité, d’intelligence artificielle et des essaims de drones, symboles des futurs combats aériens.

Sources : galaxiamilitar