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La Direction générale de l’armement (DGA) a lancé une demande d’information (RFI) concernant un futur système de drone de combat collaboratif (CCA). Publié le 10 juin 2026, ce document marque le début d’une phase officielle d’exploration du marché afin de définir les contours opérationnels, techniques et industriels de la prochaine génération de plateformes de soutien aérien et de collaboration entre aéronefs pilotés et non pilotés (MUM-T) en France.

Si cette demande d’information couvre le combat aérien collaboratif multidomaine, les informations fournies par le Ministère des Armées soulignent une dimension navale particulièrement stratégique. En effet, les exigences mentionnées dans le document sont directement liées aux futures capacités de la Marine nationale, notamment dans le domaine de l’aviation embarquée et de la projection de puissance maritime.

Exigences relatives aux capacités d’opération

Un indice majeur sur la portée navale de ce projet se trouve dans le questionnaire technique joint à la RFI, plus précisément dans la section dédiée aux caractéristiques de la plateforme. La DGA demande explicitement aux industriels de fournir des précisions sur le « poids maximum au décollage » en catapulte, ainsi que sur le « poids maximum à l’atterrissage », en prenant spécifiquement en compte « l’atterrissage sur porte-avions, le cas échéant ».

Ce vocabulaire indique clairement que la DGA envisage activement une plateforme de combat collaborative non pilotée capable d’intégrer un futur groupe aérien embarqué. Cette timeline correspond parfaitement aux avancées du programme français de porte-avions de nouvelle génération (PANG), dont l’objectif est que le projet France Libre succède au Charles de Gaulle en 2038, avec de possibles expérimentations de drones embarqués en tant qu’aéronefs intermédiaires.

Architecture opérationnelle : MUM-T en milieu maritime

Les besoins opérationnels détaillés dans la demande d’information insistent principalement sur des systèmes avancés d’autonomie de vol et de mission, associés à une grande souplesse de commandement et contrôle (C2). Les industriels doivent démontrer comment ces drones pourront être contrôlés à la fois depuis une station au sol et directement depuis un aéronef piloté.

Pour la Marine nationale, cela oriente clairement vers des architectures MUM-T adaptées au milieu maritime. Les futurs drones collaboratifs lancés depuis porte-avions devraient agir comme des multiplicateurs de force pour le Rafale M dans sa version « F5 » — et éventuellement pour un futur chasseur de nouvelle génération développé en coopération avec l’Allemagne et l’Espagne dans le cadre du programme SCAF. Ces drones assumeraient des missions à haut risque telles que la pénétration des bulles de déni d’accès/zone (A2/AD), la suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD) ou encore la collecte avancée de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) en tête du groupe aérien de combat.

La RFI insiste également sur des capacités de charge utile complexes, sollicitant les industriels sur l’intégration de capteurs électro-optiques, infrarouges, radar et de guerre électronique, sans oublier les charges d’armement spécifiques. Ces fonctions sont essentielles pour assurer la sécurisation des espaces aériens maritimes contestés et pour mener des opérations anti-surface.

Cadre industriel et calendrier

La DGA a fixé un calendrier serré et un cadre clair pour cette demande d’information. Les industriels et consortiums intéressés ont jusqu’au 21 août 2026 pour soumettre leurs propositions techniques et industrielles complètes. Ils peuvent répondre à la totalité ou à une partie du besoin, ce qui incite aussi bien les petites entreprises de défense que les grands groupes à participer.

Cette RFI ne se limite pas exclusivement à l’industrie française. Bien que le programme vise à protéger et renforcer la base industrielle et technologique de défense souveraine de la France (BITD), la demande d’information est ouverte à une participation internationale élargie. En témoigne la publication d’une version anglaise officielle du document, traduite soi-disant à titre gracieux, démarche habituelle quand la DGA cherche à recueillir des données de marché auprès de fournisseurs étrangers et internationaux, et pas uniquement nationaux.