Les approches nordiques de l’Atlantique se montrent désormais plus sécurisées à la suite d’un exercice anti-sous-marin de l’OTAN de deux semaines au large de la côte occidentale de la Norvège. Cet entraînement a mobilisé des centaines de personnels de la Royal Navy et de la Royal Air Force (RAF) et a été soutenu par le porte-avions HMS Prince of Wales et son groupe aéronaval.
La contribution britannique à Dynamic Mongoose 2026, la plus importante en termes nationaux, a rassemblé trois navires et des appareils appartenant à quatre escadrons. Organisé conjointement par l’Islande et la Norvège, cette dernière assurant la direction cette année, l’exercice a impliqué six pays de l’OTAN, qui ont engagé à la fois du personnel et du matériel dans ce jeu du chat et de la souris, opposant sous-marins et forces de surface depuis plus d’un siècle.
Sous la surface évoluaient un sous-marin allemand ainsi que des submersibles portugais et néerlandais. En surface, six navires de guerre, appuyés par un navire auxiliaire de la Force maritime permanente 1 de l’OTAN, renforcée par le groupe du Prince of Wales, participaient à la traque. Cette force permanente, actuellement placée sous le commandement de la Royal Navy, avec à sa tête le commodore Maryla Ingham embarquée sur la frégate allemande FGS Sachsen, dirigeait les opérations. Elle était soutenue par des hélicoptères Merlin décollant du pont d’envol du porte-avions ainsi que par des avions de patrouille maritime P-8 Poseidon du 120e Escadron de la RAF, qui ont balayé les routes suspectées des sous-marins à l’aide de bouées acoustiques.
L’inclusion du destroyer HMS Duncan et du porte-avions a renforcé la puissance aérienne cette année, précise la Royal Navy. Non seulement les hélicoptères Merlin Mk2 étaient employés pour la chasse aux sous-marins, mais des Wildcats de l’escadron naval 815 assuraient la protection des forces avec leurs missiles Martlet et Sea Venom. Les organisateurs ont également déployé des drones et systèmes autonomes, dont les résultats seront analysés par des experts de l’OTAN. Ces enseignements seront intégrés à la mission Arctic Sentry, lancée en février pour renforcer la surveillance dans le Grand Nord, la mer de Norvège et l’Atlantique Nord, face à l’intensification des activités russes dans la région.
Le commodore Ingham a qualifié l’exercice de « réel succès », tant au niveau individuel que collectif. « Nous avons démontré l’intégration réussie de capacités et technologies avancées », a-t-elle déclaré, tout en affinant les tactiques lors d’une série d’exercices de plus en plus complexes contre des sous-marins en conditions réelles. Selon elle, Dynamic Mongoose a offert un « entraînement de premier ordre » aux équipages des avions de patrouille maritime, des hélicoptères anti-sous-marins, des navires et des sous-marins eux-mêmes. De plus, la collaboration entre neuf nations différentes a montré une capacité à travailler ensemble « sans heurts ». L’aire géographique de l’exercice « revêt une importance stratégique pour l’Alliance ; s’y entraîner nous permet de mieux comprendre cet environnement », a-t-elle ajouté.
Le commodore Rich Hewitt, commandant du groupe aéronaval, a souligné que Dynamic Mongoose représentait « une excellente opportunité d’intégrer pleinement le Carrier Strike Group et son aviation spécialisée dans le principal exercice OTAN de guerre anti-sous-marine ». Ce groupe poursuit en permanence le développement de sa préparation au combat en coopération avec les alliés, le combat contre les sous-marins constituant « une composante essentielle de la défense de la Flanc Nord de l’OTAN ».
Dynamic Mongoose est l’un des deux exercices majeurs de l’OTAN axés sur la lutte anti-sous-marine, testant les forces dans des environnements très différents. L’autre série, Dynamic Manta, se déroule dans le bassin méditerranéen, où la profondeur, la salinité et la température influent différemment sur les stratégies des chasseurs comme des sous-marins. Cet exercice intervient alors que la région du Grand Nord capte une attention croissante des alliés, en raison de la hausse des activités sous-marines russes en mer de Norvège et dans l’Atlantique Nord. L’OTAN a ainsi mis en place la mission Arctic Sentry, placée sous leadership britannique, pour intensifier la vigilance dans cette zone stratégique.