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L’Armée de l’air suédoise a déclenché à deux reprises en une seule journée ses chasseurs en alerte rapide pour intercepter des avions militaires russes au-dessus de la mer Baltique. Des paires de JAS 39 Gripen ont été envoyées après la détection d’un Su-24 et d’un Su-34 russes à proximité de l’espace aérien suédois, a indiqué l’armée de l’air suédoise.

Ces deux incidents se sont produits vendredi dans les parties sud et est de la mer Baltique. Chacun a impliqué un seul avion russe, respectivement un Su-24 bombardier d’attaque et un Su-34 avion de chasse-bombardier. L’alerte rapide a réagi promptement à la présence de ces appareils russes, lançant deux paires de Gripen pour affirmer la souveraineté nationale, intercepter et identifier les avions. Selon l’armée de l’air, l’espace aérien suédois n’a pas été violé lors de ces incursions.

L’Armée de l’air suédoise a souligné avoir adapté sa posture et renforcé la disponibilité de ses forces aériennes en réponse à la dégradation récente de la situation sécuritaire, afin de faire face à une menace accrue pesant sur l’espace aérien allié. Cette référence à l’espace aérien allié traduit la nouvelle position de la Suède au sein de l’OTAN, le pays ayant rejoint l’alliance en 2024, après avoir abandonné deux siècles de non-alignement militaire, suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.

L’alerte rapide (Quick Reaction Alert) désigne la posture permanente des forces aériennes visant à lancer immédiatement des chasseurs pour intercepter des avions non identifiés ou potentiellement hostiles approchant leur espace aérien. Cette pratique, courante pendant la Guerre froide et maintenue depuis, s’applique régulièrement pour intercepter des avions russes au-dessus de la Baltique. Ces vols russes transitent fréquemment entre la Russie continentale et l’enclave de Kaliningrad, souvent sans plans de vol ni transpondeurs actifs, ce qui oblige les forces alliées à décoller pour les identifier.

Ces deux interventions s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues autour de la Baltique, une mer désormais quasiment encerclée par des membres de l’OTAN à la suite de l’adhésion de la Suède et de la Finlande. Elles surviennent également pendant une période d’activité aérienne alliée soutenue dans la région. L’exercice naval BALTOPS de l’OTAN est en cours, mobilisant près de 6 000 militaires et vingt navires de guerre. Par ailleurs, la surveillance aérienne alliée au-dessus des États baltes est intense : plus tôt dans la semaine, des chasseurs français ont abattu un drone ayant pénétré l’espace aérien letton au moment d’une opération de guerre électronique russe.

Les Su-24 et Su-34 sont des avions d’attaque russes en première ligne, largement utilisés dans le conflit en Ukraine. Le Su-24, un bombardier tactique à géométrie variable datant de l’ère soviétique, est un appareil plus ancien, tandis que le Su-34 est un avion de chasse-bombardier plus moderne. Tous deux opèrent régulièrement dans l’espace aérien au-dessus de la Baltique, zone stratégique où l’aviation russe évolue à proximité immédiate du flanc est de l’OTAN.