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Les États-Unis s’apprêtent à réduire de manière significative le nombre d’avions de chasse et de navires de guerre déployés dans le cadre des opérations de l’OTAN en Europe, marquant ainsi une nouvelle étape dans la diminution de leur présence militaire sur le continent.

Selon des responsables européens de la défense et un document écrit partagé avec les alliés, les États-Unis prévoient de réduire d’environ un tiers les effectifs de leurs chasseurs F-15 et F-16 basés en Europe, passant d’environ 150 à 100 appareils. Par ailleurs, les avions de reconnaissance maritime seront également réduits, avec une baisse de 26 à 15 appareils. Cette réorganisation concerne aussi un groupe de bombardiers, un sous-marin ainsi qu’un groupe aéronaval, qui seront déplacés hors du théâtre européen.

Le Commandement européen des États-Unis avait déjà évoqué des réductions ce mois-ci. Le général Alexus G. Grynkewich, de l’US Air Force et commandant du Commandement européen, avait souligné une « co-dépendance malsaine » du modèle de force de l’OTAN vis-à-vis des forces américaines, sans toutefois préciser les détails du plan. Ni l’OTAN ni les informations rapportées par la presse ne mentionnent un calendrier précis, mais il est indiqué que ces changements entreront « en vigueur très prochainement ».

Un porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a expliqué vendredi que ce « changement renforce les plans de défense de l’Alliance en réduisant la dépendance excessive à un seul allié et reflète une évolution plus large au sein de l’Alliance ». « Il s’agit de garantir un socle plus durable pour l’OTAN dans les décennies à venir », a-t-elle ajouté.

Les unités de F-16 américaines sont cantonnées principalement à la base aérienne de Spangdahlem en Allemagne et à Aviano en Italie. Les F-15, quant à eux, sont principalement stationnés à la base RAF de Lakenheath au Royaume-Uni. Plusieurs de ces chasseurs ont récemment été déployés au Moyen-Orient, dans le cadre des opérations américaines liées à la pression sur l’Iran.

Cette diminution des contributions américaines intervient après l’annulation de plusieurs déploiements majeurs de troupes destinées à renforcer la mission de l’OTAN en Europe. Ces annulations, survenues dans un contexte de tensions entre l’administration Trump et la direction allemande, notamment liées au conflit américain contre l’Iran, ont notamment concerné environ 4 000 soldats de la 2e Brigade de combat blindée, 1ère division de cavalerie, dont la rotation prévue en Europe a été annulée au 1er mai, malgré l’arrivée de forces avancées en Pologne.

Le même mémo du 1er mai a aussi bloqué le déploiement du 3e bataillon du 12e régiment d’artillerie, une unité spécialisée dans le tir longue portée, initialement prévue pour être stationnée en Allemagne. En parallèle, le Pentagone a annoncé la réduction de 5 000 militaires américains en Allemagne ce même mois, évoquant la possibilité de coupes plus larges en Europe. Quelques semaines plus tard, des plans ont été annoncés pour envoyer des milliers de soldats supplémentaires en Pologne, sans que l’on sache s’ils seraient déployés directement depuis les États-Unis ou redeployés depuis d’autres bases européennes.

Depuis 2022, la présence américaine en Europe a été renforcée par des rotations successives de plusieurs unités vers l’Europe centrale et orientale, dans le cadre de l’Opération Absolute Resolve soutenant les capacités de l’OTAN.