Une importante installation de stockage de gaz sur la Crimée occupée a été bombardée récemment, tandis que Kiev adresse un ultimatum d’une semaine à la Biélorussie, exigeant le retrait des relais de communication qui facilitent le guidage des drones russes vers le territoire ukrainien.
La Russie cible une installation clé sur la Crimée, avec notamment une frappe contre le seul dépôt de gaz fossile de la péninsule occupée, ainsi qu’une centrale thermique à Simferopol, a rapporté le Kyiv Independent. Ces attaques s’inscrivent dans le contexte des efforts ukrainiens pour perturber les capacités logistiques et énergétiques des forces russes dans la région.
Suite au refus de la Biélorussie, sous le régime de Loukachenko, de reconnaître toute menace militaire et de participer au conflit, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a émis un ultimatum d’une semaine à Minsk pour retirer les équipements de relais utilisés pour guider les frappes des drones russes depuis le territoire biélorusse. À défaut, l’Ukraine se réserve le droit d’intervenir elle-même contre ces installations.
« Le président Volodymyr Zelensky, le 19 juin, a accusé la Biélorussie de faciliter les attaques par drones russes contre l’Ukraine et a averti que Minsk disposait d’une semaine pour retirer le matériel de communication prétendument utilisé pour guider des frappes depuis le territoire biélorusse, ou l’Ukraine agirait elle-même. »
« Pourquoi utiliser des mots qu’il ne veut pas la guerre ? Qu’il retire cet équipement. Qu’il désactive cet équipement […] S’il ne le fait pas, nous le ferons. »
Le président ukrainien a également souligné le soutien des deux raffineries biélorusses au conflit russe, laissant entendre qu’elles pourraient à leur tour devenir des cibles. Selon le droit international, l’Ukraine a légitimement le droit de se défendre et peut, à ce titre, neutraliser les systèmes situés sur le territoire biélorusse servant à coordonner des attaques contre son territoire, ce qui constitue une réponse proportionnée et justifiée.
Dans un autre volet diplomatique, la Pologne a retiré la prestigieuse distinction « Ordre de l’Aigle blanc » attribuée à Zelensky. Cette décision fait suite à la nomination par le président ukrainien d’une brigade nommée « héros de l’UPA », une organisation de résistance ukrainienne pendant la Seconde Guerre mondiale connue pour ses conflits contre les Soviétiques et les nazis, mais également pour des purges ethniques contre des populations polonaises, il y a plus de 80 ans.
En réaction, plusieurs hauts responsables ukrainiens, dont le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba, le chef d’état-major et l’ex-chef du renseignement Kirill Budanov, ainsi que l’ambassadeur d’Ukraine en Pologne, ont rendu leurs décorations polonaises. Malgré ces tensions symboliques, la Pologne continue d’apporter un soutien politique et militaire important à l’Ukraine.
Sur le plan militaire, les pertes russes rapportées récemment sont particulièrement lourdes. En une seule journée, les forces russes auraient perdu environ 1 240 hommes, 88 canons d’artillerie, deux rares lance-roquettes multiples, un système d’armement anti-aérien lourd, cinq équipements spéciaux, 476 véhicules de transport ainsi que cinq véhicules blindés, dont un char. Du côté des forces ukrainiennes, les unités spécialisées de lutte contre les drones ont neutralisé 300 adversaires, détruit 86 positions de tir de drones et 16 systèmes de guerre électronique, ainsi que de nombreux véhicules et canons, tout en affrontant près de 409 drones de toutes tailles.
Ces chiffres témoignent de l’intensité des combats et mettent en lumière la complexité des affrontements, où une frappe par drone ne garantit pas systématiquement la destruction complète des cibles, notamment grâce à la protection offerte par les fortifications comme les bunkers.
Par ailleurs, la Hongrie a levé l’interdiction précédemment imposée aux médias ukrainiens sur son sol. Le ministre hongrois de la Culture a déclaré que cette décision vise à construire de bonnes relations de voisinage et à soutenir les Hongrois vivant à l’étranger, tout en soulignant que les progrès accomplis en quelques semaines surpassaient ceux de l’ancienne administration sur 16 ans.
Du côté russe, une vidéo récente montre un incendie en Crimée, probablement lié au dépôt de gaz visé. Par ailleurs, des images relayées font état de longues files d’attente devant des stations-service en Russie, signe de difficultés d’approvisionnement en carburant, rappelant un climat de pénurie à l’ère soviétique.
Plus récemment, le Royaume-Uni a testé un nouveau missile de croisière d’une portée de 500 km et comportant une ogive de 250 kg, développé en un temps record pour équiper l’Ukraine. Ce système, exempt de composants américains, fait partie du programme baptisé Project Brakestop. Les premières livraisons sont attendues dans l’année à venir.
Enfin, l’Ukraine a mené des frappes contre une raffinerie russe à Tioumen, à plus de 2 000 km de la frontière ukrainienne, provoquant un incendie important visible à la lumière du jour.
Razom do peremohi !
