Selon un haut responsable de l’OTAN, la campagne ukrainienne visant les lignes logistiques russes a considérablement affaibli la capacité de Moscou à approvisionner efficacement la péninsule de Crimée. Des pénuries de carburant se multiplient et les liaisons de transport vers cette région occupée sont de plus en plus perturbées.
Lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, l’autorité a indiqué que l’effort ukrainien soutenu pour intercepter les flux logistiques en direction de la Crimée et de la région de Zaporijjia commence à produire des effets visibles. « Nous constatons que la Russie ne parvient plus à approvisionner la Crimée efficacement », a-t-il affirmé, soulignant les pénuries carburant et les « moyens de transport de plus en plus limités » dont dispose Moscou pour acheminer ses ressources en toute sécurité dans les zones occupées.
Le responsable a précisé que les forces ukrainiennes avaient ciblé des ponts dans le nord de la Crimée en juin, aggravant les interruptions des voies de communication. Elles ont également entraîné une interruption temporaire des traversées ferroviaires sur le détroit de Kertch, engendrant de nouveaux goulots d’étranglement. Bien que le pont de Kertch demeure opérationnel, son usage semble désormais « presque certainement restreint », les Russes redoutant une nouvelle frappe ukrainienne contre cette infrastructure stratégique.
Cette interdiction logistique, selon l’officiel, est rendue possible grâce à une nette amélioration des capacités ukrainiennes, combinant ingéniosité, innovation et un commandement et contrôle renforcés. Ces progrès donnent à Kiev une meilleure aptitude à frapper en profondeur derrière la ligne de front, un avantage accru notamment par l’usage plus efficace des technologies de drones.
Un tournant notable a été atteint lorsque la Russie a perdu l’accès à Starlink, entraînant une « dégradation du commandement et du contrôle russe ». Ce facteur constitue, selon le responsable, un avantage net pour les Ukrainiens, qui aggravent ainsi les difficultés d’approvisionnement rencontrées par les forces occupant le sud du pays.
Interrogé sur la gravité potentielle de la situation pour les forces russes en Crimée, le haut responsable s’est montré prudent, estimant qu’un moment de crise majeure n’était pas encore imminent. Il a toutefois rappelé que toute opération militaire dépend fondamentalement de la logistique et qu’une armée incapable de maintenir ses lignes d’approvisionnement « risque de se retrouver en très grande difficulté ». À ce jour, la capacité militaire russe sur la péninsule est en déclin et le mécontentement parmi la population locale est grandissant.
