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Babcock étend son portefeuille maritime international, porté par sa frégate Arrowhead 140 et ses activités de soutien aux sous-marins, comme l’indique son rapport annuel pour l’exercice clôturé au 31 mars 2026.

Au cœur de cette dynamique, un accord-cadre du Maritime Partnership Programme signé en novembre avec le gouvernement indonésien, d’une valeur pouvant atteindre 4 milliards de livres sterling. Depuis, l’Indonésie a signé une lettre d’intention pour deux licences supplémentaires de frégates Arrowhead 140, attendues dans les prochains mois. Les négociations se poursuivent sur la structure contractuelle du programme plus large, qui inclut la défense maritime, la sécurité et la modernisation. Babcock qualifie cet accord de renforcement de sa position de partenaire gouvernemental fiable sur des programmes internationaux stratégiquement importants.

La conception de la frégate Arrowhead 140, qui sert de base aux frégates de la classe Type 31 Inspiration de la Royal Navy construites à Rosyth, fait également l’objet d’une étude au Danemark, où Babcock attend une décision gouvernementale sur sa plateforme navale préférée. En Suède, la société a confirmé ne pas avoir été retenue comme soumissionnaire préféré pour le programme du combattant de surface de la classe Luleå, décision prise fin mai 2026, après avoir proposé un modèle plus petit, l’Arrowhead 120. En Pologne, Babcock a signé un accord de coopération stratégique avec PGZ SA couvrant la conception navale, la construction, la maintenance, le soutien des aéronefs militaires et la gestion d’actifs stratégiques pour les forces armées polonaises.

Le secteur sous-marin a connu lui aussi des avancées internationales majeures. Le partenariat de Babcock avec le chantier américain HII s’est renforcé avec l’autorisation de soutenir le programme de construction des sous-marins nucléaires de classe Virginia. La société est désormais habilitée à fabriquer des ensembles complexes de sous-marins dans son centre de production avancé de Rosyth. Un contrat d’ingénierie initial est en cours, qui « pourrait s’étendre de manière significative avec le temps ». Leur coentreprise, H&B Defence, a aussi obtenu son premier contrat dans le cadre du programme pilote australien de qualification des fournisseurs de sous-marins, considéré comme la porte d’entrée dans la chaîne d’approvisionnement américaine des sous-marins. En août 2025, le premier fournisseur australien a reçu une demande de devis pour le programme Virginia via cette voie.

Au Canada, Babcock a signé un accord de collaboration avec Hanwha Ocean, centré sur le soutien en service du Projet de sous-marin de patrouille canadien, dans le cadre de l’acquisition prochaine de sous-marins conventionnels de nouvelle génération. Hanwha figure parmi les deux fournisseurs présélectionnés. Par ailleurs, Babcock poursuit son travail sur la période étendue de radoub (Extended Docking Work Period) du HMCS Victoria, sous contrat de soutien en service, et assure le soutien de la base de maintenance navale de Cape Scott, où s’effectue actuellement le radoub du HMCS Windsor.

En Afrique du Sud, Babcock a franchi une nouvelle étape en obtenant ce qu’elle qualifie de son premier contrat de défense dans le pays, portant sur l’inspection et la remise en état de deux sous-marins au chantier naval de Simonstown, ainsi que sur la fourniture de pièces de rechange et produits associés. La société considère ce succès comme un jalon stratégique majeur et son implantation dans le secteur de la défense sud-africain.

Sur le plan national, les travaux de soutien naval ont également progressé en fin d’année avec un accord de transition de six mois conclu avec le ministère britannique de la Défense dans le cadre du Future Maritime Support Programme, d’une valeur totale de 3,5 milliards de livres, afin d’assurer la continuité du soutien de la flotte de sous-marins nucléaires et des services de gestion des bases navales. Le ministère a signé une lettre d’intention visant à finaliser un contrat pluriannuel de remplacement, appelé Gateway, d’ici octobre 2026. Babcock a aussi obtenu une prolongation de deux ans pour la maintenance critique des navires de surface de la Royal Navy et le support des infrastructures. Par ailleurs, la division Mission Systems a décroché son troisième renouvellement de contrat concernant le soutien des systèmes effecteurs des sous-marins en service, d’une valeur de 110 millions de livres sur neuf ans.

À plus long terme, Babcock évoque des perspectives importantes liées au partenariat AUKUS, notamment en matière de chaîne d’approvisionnement, de formation, d’infrastructures et de soutien autour du développement des capacités nucléaires sous-marines australiennes dans le cadre du Pilier I. En mai, les pays partenaires d’AUKUS ont signé le premier projet du Pilier II, portant sur les systèmes embarqués pour engins sous-marins sans équipage. Babcock continue d’envoyer des spécialistes en Australie pour soutenir la maintenance des sous-marins de classe Astute, en vue des activités Submarine Rotational Force-West prévues à partir de 2027.

David Lockwood, directeur général de Babcock, qui doit prendre sa retraite cette année, a commenté ces résultats en soulignant un contexte géopolitique mondial de plus en plus incertain : « Face à ce contexte, Babcock a poursuivi ses progrès stratégiques et opérationnels. » Il ajoute que le groupe a obtenu « d’importantes victoires contractuelles renforçant notre position sur les marchés de la défense et du nucléaire, où la demande à long terme devient structurelle. »

Dans le secteur civil maritime, la division Liquid Gas Equipment a réalisé 42 projets durant l’année, couvrant les systèmes de manutention de cargaison et d’alimentation en gaz carburant pour les transporteurs de GPL, GNL, CO2 et éthane, dont un système de manutention de cargaison pour ce que la société décrit comme le premier transporteur mondial de CO2. L’entreprise a enregistré sa 150e commande ecoSMRT pour la technologie de reliquéfaction de GNL et obtenu ses premiers contrats relatifs à des systèmes d’alimentation en gaz carburant à l’ammoniac utilisant sa technologie ecoFGSS-FLEX.

Au niveau du groupe, Babcock affiche un chiffre d’affaires de 5,18 milliards de livres, en hausse de 8 % en organique, avec un secteur maritime en croissance de 2 % en monnaie constante, à 1,59 milliard de livres. Le carnet de commandes s’établissait à 9,8 milliards de livres fin mars, en baisse par rapport à 10,4 milliards l’année précédente, reflétant l’activité sur de gros contrats pluriannuels remportés auparavant. Babcock a par ailleurs annoncé un nouveau rachat d’actions de 200 millions de livres à réaliser au cours de l’exercice en cours, après un précédent programme de 200 millions finalisé en avril.