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Cette semaine, l’armée américaine a officiellement créé une nouvelle formation militaire en rassemblant plusieurs milliers de soldats au sein d’un « commandement multi-domaines » inédit.

Jeudi dernier, a été formellement instituée la 7e division d’infanterie Multi-Domain Command – Pacifique, issue de la fusion entre la 1re Multi-Domain Task Force et la 7e division d’infanterie. Ce commandement innovant est le premier du genre, combinant une force terrestre traditionnelle avec une unité récente axée sur les tactiques de guerre moderne intégrant la guerre électronique, le cyberespace et l’emploi à grande échelle de drones.

Cette réorganisation, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation de l’Armée américaine, regroupe environ 12 000 soldats sous un même commandement dont le quartier général est situé à la base conjointe Lewis-McChord.

Le mois dernier, le colonel Todd Burroughs, commandant adjoint, qualifiait cette nouvelle unité de « force autonome », opérant à l’image d’une force de couverture. Sur le terrain, elle combine missions de reconnaissance et de contre-reconnaissance, frappes électroniques et cyberattaques, ainsi qu’appuis d’artillerie, afin de dégager la voie à la force interarmées principale.

Concrètement, cette force réunit les deux brigades de combat Stryker de la 7e division d’infanterie avec les capacités d’artillerie longue portée et de guerre cybernétique de la task force. Cette organisation s’appuie notamment sur le concept, baptisé « Cross-Domain Contact Layer », visant à détecter rapidement les menaces sur plusieurs domaines et à les neutraliser efficacement.

« Grâce à notre concept émergent de couche de contact inter-domaines, notre division utilisera des capacités telles que des navires de surface sans pilote, des drones d’attaque à longue portée à usage unique, ainsi que des effets projetés permettant de pénétrer les réseaux anti-accès/dissuasion territoriaux adverses », a expliqué le général de division Bernard J. Harrington, commandant de cette unité. « Chaque radar qui émet, chaque relais qui transmet, chaque état-major qui commande, nous visons à les maintenir en permanence sous pression avec nos partenaires et alliés interarmées. »

L’emploi massif de drones figure au cœur de cette stratégie. Le général Harrington a précisé devant la presse que l’objectif est de submerger les systèmes adverses par un volume important et varié de plateformes télécommandées.

La 1re Multi-Domain Task Force avait initialement été créée en 2017. Deux autres unités similaires ont ensuite été établies, dont une en Europe en 2021. Cependant, cette dernière force a connu des perturbations avec plusieurs annulations de déploiements, notamment en mai suite à des différends diplomatiques entre les États-Unis et l’Allemagne. Le Pentagone a interrompu un déploiement prévu de régiments d’artillerie au profit de la 2e Multi-Domain Task Force stationnée sur place.

Lors de la cérémonie de création de ce nouveau commandement, le général Ronald Clark, chef des forces américaines dans la région Pacifique, a souligné les capacités renforcées de la formation qui pourra soutenir l’ensemble des forces déployées dans la zone Indo-Pacifique. Cette réorganisation s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage et de modernisation de la présence militaire américaine dans le Pacifique, avec le repositionnement de certaines unités, le renforcement de la base de Guam et l’intégration de nouvelles technologies au profit des unités avancées.