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L’Ukraine a reçu près de 485 000 drones via la plateforme d’acquisition DOT-Chain Defence, dont 95 % sont produits localement pour les forces armées. Cette livraison massive s’inscrit dans un effort soutenu d’équipement et de modernisation des capacités de l’armée ukrainienne.

Les matériels fournis au cours des cinq premiers mois de l’année sont estimés à 31,4 milliards de hryvnias, soit environ 697 millions de dollars. Ces acquisitions couvrent une large gamme de drones – des modèles à fibre optique offrant une vision à la première personne, aux plateformes de reconnaissance de type Mavic, en passant par des drones lourds capables de missions de bombardement.

Le portefeuille d’équipement comprend également des drones de frappe à moyenne et longue portée, ainsi que des intercepteurs Shahed destinés à la défense aérienne.

La plateforme DOT-Chain Defence, gérée par l’Agence ukrainienne des marchés de défense, fonctionne comme une place de marché numérique. Elle permet aux unités de première ligne de sélectionner les équipements selon leurs besoins opérationnels, tandis que l’agence supervise les contrats, les paiements et la logistique. Le ministère de la Défense précise que le délai moyen entre la commande et la livraison est de neuf jours.

Cette plateforme est intégrée à Brave1, une initiative gouvernementale dédiée à la technologie et l’innovation en défense, qui soutient le développement, les tests et l’acquisition de drones et autres capacités militaires.

L’Ukraine intensifie la production d’intercepteurs de nouvelle génération capables de reconnaître et cibler automatiquement les drones ennemis.
L’Ukraine intensifie la production d’intercepteurs de nouvelle génération capables de reconnaître et cibler automatiquement les drones ennemis. Crédit : Ministère de la Défense ukrainien

Cette annonce fait suite à une réforme des procédures d’acquisition lancée par Kiev en mars. L’objectif est d’augmenter l’utilisation de données opérationnelles dans les achats de drones. Désormais, les unités militaires transmettent leurs besoins opérationnels à l’État-major général, responsable de la planification et de la coordination des forces armées.

Plutôt que de demander des modèles ou fabricants spécifiques, l’État-major définit les capacités militaires requises pour une mission donnée, telles que la portée, la charge utile ou le profil d’attaque. Ces exigences sont évaluées à partir des données collectées par plusieurs systèmes numériques militaires, dont DOT-Chain Defence et la plateforme Brave1 Market.

Le processus s’appuie également sur les données fournies par eBalov, outil d’évaluation de l’efficacité au combat des armes et équipements, ainsi que sur celles issues de DELTA, le système ukrainien de gestion du champ de bataille.

« La demande en drones est définie automatiquement sur la base de données de qualité recueillies sur le terrain, sans intervention humaine ni influence subjective ou risque de corruption », précise le ministère de la Défense lors de la présentation de la réforme.

Cette réforme introduit également un modèle de financement où 80 % des dépenses sont allouées aux systèmes ayant démontré leur efficacité opérationnelle, et 20 % sont réservés aux tests et évaluations des nouvelles technologies.

Opérateur ukrainien de drone.
Opérateur ukrainien de drone. Crédit : Ministère de la Défense ukrainien