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Le nouvel avion d’entraînement et de chasse léger russe Yak-130M a effectué son premier vol le 25 juin. Ce nouveau modèle modernisé devrait être produit en quantités importantes pour équiper à la fois les Forces aérospatiales russes et plusieurs clients étrangers dès le début des années 2030.

Le vol inaugural du prototype du Yak-130M s’est déroulé à l’usine aéronautique d’Irkoutsk, filiale de la société Yakovlev. L’appareil a été piloté par Alexander Guskov, pilote d’essais de première classe, assisté d’Andrey Voropaev, également pilote d’essais. Selon le communiqué de presse du conglomérat technologique d’État Rostec, le vol, d’une durée d’environ 50 minutes, s’est déroulé sans incident en atteignant des altitudes allant jusqu’à 2 000 mètres et des vitesses atteignant 600 km/h (Mach 0,49).

Le Yak-130M modernisé présente une sophistication nettement supérieure à celle du Yak-130 de base. Il dispose notamment d’un radar à balayage électronique actif moderne, d’une nouvelle avionique et de la compatibilité avec des armes air-air et air-sol récentes. « La modernisation permettra d’assurer pleinement les missions d’entraînement et de combat, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, et au niveau des plateformes aériennes contemporaines », a déclaré Vadim Badekha, directeur général de la United Aircraft Corporation. Selon lui, le Yak-130M est capable de détruire aussi bien des cibles terrestres que des cibles aériennes, y compris des drones lourds.

Le vice-ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Gennady Abramenkov, a souligné que l’appareil « dispose d’un grand potentiel pour répondre à une large gamme de missions en fonction des exigences des clients ».

Développé dans les années 1990 pour remplacer le L-39 soviétique devenu obsolète, le Yak-130 est conçu comme avion d’entraînement principal des forces armées russes. Il permet de préparer les pilotes à piloter des chasseurs de 4e et 5e génération tels que le Su-30SM ou le Su-57. Effectuant son premier vol en 1996, l’appareil se distingue par son système numérique de contrôle de vol fly-by-wire sophistiqué, reproduisant les caractéristiques de pilotage des avions de combat modernes. Cette technologie permet aux instructeurs de programmer l’avion afin qu’il imite le comportement de différents chasseurs, offrant ainsi une formation avancée sans les coûts liés à l’utilisation d’avions de chasse opérationnels — un concept alors très avant-gardiste.

Le Yak-130 est principalement conçu comme un « Light Attack and Advanced Trainer » (LIFT), c’est-à-dire qu’il joue un rôle d’intermédiaire entre l’entraînement basique sur jets et la conversion finale sur chasseurs de première ligne. Sa cabine est équipée d’écrans multifonctions, de manettes des gaz et de commandes semblables à celles des avions de combat actuels, ainsi que d’une avionique moderne. Ceci réduit sensiblement la durée et le coût des formations sur avions de combat opérationnels.

Le Yak-130M vise à réduire encore davantage l’écart entre un avion d’entraînement avancé traditionnel et un avion de combat léger polyvalent. Tout en conservant les capacités d’entraînement du Yak-130 originel, il introduit des améliorations majeures concernant ses capteurs, son armement, sa survivabilité et ses systèmes de mission.

Parmi les évolutions les plus notables, l’intégration d’un radar AESA (Active Electronically Scanned Array) dans la nouvelle version augmente considérablement sa capacité à détecter et suivre des cibles aériennes et terrestres, à engager des combats air-air et à utiliser des munitions guidées de précision modernes. Cette avancée permet aux pilotes de s’entraîner avec un système radar de dernière génération tout en renforçant considérablement les capacités opérationnelles en combat.

Le Yak-130M dispose également d’un système de désignation électro-optique avancé, monté sur le nez de l’appareil. Ce système offre des fonctions de recherche et de suivi infrarouge, d’identification des cibles, de désignation laser et d’attaque de précision, ce qui optimise l’emploi des armements guidés sur les objectifs terrestres. Il améliore aussi la conscience situationnelle tant en mission d’entraînement qu’en opérations réelles.