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L’Armée britannique va bientôt disposer d’une capacité de missiles balistiques à longue portée, d’environ 800 kilomètres, conformément au Plan d’Investissement de la Défense. Cette évolution marque une étape importante dans le renforcement des capacités de frappe profonde des forces terrestres britanniques.

Un responsable de la défense a indiqué que des fonds supplémentaires sont consacrés au concept de frappe de reconnaissance de l’Armée, englobant l’amélioration de la létalité, le développement de drones basiques et avancés, la guerre électronique, l’optimisation des réseaux et les moyens de frappes à longue distance. « Nous voulons intégrer une capacité de missile balistique à l’Armée sur cette portée-clé de 500 miles (environ 800 km) », a précisé cet expert, ajoutant que cet investissement garantirait une base solide au projet Asgard, enjeu central du ciblage en frappe profonde de l’Armée, tout en renforçant la capacité d’action à l’échelle des corps d’armée.

Les missiles balistiques sont propulsés lors d’une phase initiale d’accélération avant de suivre une trajectoire parabolique vers leur cible, touchant cette dernière à très grande vitesse lors de la phase terminale. Ce profil de vol réduit drastiquement le temps de réaction des défenseurs et complique fortement l’interception, en comparaison des missiles de croisière subsoniques. Cette caractéristique explique leur usage massif dans le conflit ukrainien, de la part des deux camps, depuis les frappes russes avec les Iskander jusqu’à l’emploi ukrainien des ATACMS fournis par les alliés occidentaux.

Une arme terrestre capable d’atteindre jusqu’à 800 kilomètres offrirait à l’Armée britannique la capacité de frapper en profondeur des cibles derrière les lignes adverses, telles que des quartiers généraux, des centres logistiques ou des aérodromes, tout en conservant les lanceurs en arrière du front.

Cette portée dépasse largement celle de tout système actuellement en service au sein de la Royal Artillery. Le système le plus performant sur ce plan est le M270 Multiple Launch Rocket System, qui peut atteindre environ 150 kilomètres avec ses roquettes guidées en configuration longue portée.

Le responsable de la défense a également souligné qu’une révision récente du plan a permis d’allouer davantage de fonds dès les premières phases aux capacités de frappe profonde terrestre, aux véhicules sans équipage et aux drones tactiques, ajoutant que le ministère est « plus confiant qu’il y a même deux semaines » concernant l’équilibre global de ce programme renforcé.

Ce renforcement accéléré de la puissance de feu de première ligne, notamment en matière de frappes de précision à longue distance, intervient « bien plus tôt que prévu initialement ». Selon cet expert, il s’agit d’une demande commune de l’OTAN et des États-Unis, qui souhaitent voir l’Europe accroître ses capacités de dissuasion face à d’éventuels adversaires.