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Environ 300 salariés du fabricant de défense Thales se sont prononcés massivement en faveur d’un mouvement de grève dans le cadre d’un conflit salarial croissant. Les employés du site de Govan à Glasgow ainsi que plusieurs dizaines à la direction de Reading ont soutenu la grève après avoir rejeté une proposition de hausse salariale inférieure au taux actuel d’inflation, a indiqué le syndicat Unite.

Selon le syndicat, des discussions sont prévues avec l’entreprise dans une ultime tentative de résolution avant toute annonce formelle d’action revendicative. En l’absence de proposition jugée satisfaisante, des arrêts de travail sont attendus dans les semaines à venir. Le personnel concerné par le scrutin rassemble des ingénieurs en électronique, logiciels et systèmes, ainsi que des techniciens en production et mécanique.

Le site de Govan occupe une place stratégique dans la chaîne d’approvisionnement des sous-marins, Thales étant l’unique fournisseur de périscopes et mats optroniques pour la Royal Navy. Ces équipements sont fabriqués dans cette usine de Glasgow, où des périscopes sont produits depuis plus d’un siècle sur la Clyde. Les mats optroniques ont remplacé les périscopes traditionnels pénétrant la coque sur la classe Astute et équiperont les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins Dreadnought, faisant de cette production une dépendance cruciale pour la flotte d’attaque et la dissuasion nucléaire future. Le syndicat souligne également que la société dispose d’un carnet de commandes record, avec récemment pour Thales des contrats à l’exportation d’une valeur de 1,1 milliard de livres annoncés par le ministère de la Défense, garantissant ainsi plusieurs centaines d’emplois à Glasgow.

Sharon Graham, secrétaire générale d’Unite, a déclaré : « Thales est une entreprise extrêmement rentable qui pourrait mettre fin à ce conflit à tout instant. Elle peut aisément accorder une augmentation juste à ses collaborateurs qualifiés et précieux, ceux-là mêmes qui contribuent à générer d’importants bénéfices. Pourtant, Thales fait primer sa soif de profit sur une gestion décente de son personnel. » Le syndicat évoque à cet égard un profit d’exploitation combiné pour Thales UK de 179,3 millions de livres entre 2023 et 2024.

De son côté, Elaine Dougall, coordinatrice régionale du syndicat Unite, accuse la direction de refuser de négocier sérieusement : « Elle a une dernière chance avant que nos adhérents ne rejoignent les piquets de grève. Le ballon est dans le camp de Thales. L’entreprise peut résoudre ce conflit en faisant une proposition acceptable à nos membres. Dans le cas contraire, nous assisterons à des actions dans les prochaines semaines. »

Les allégations sur l’offre salariale, la situation financière de l’entreprise et la conduite des négociations relèvent du syndicat. À l’heure de la rédaction, Thales n’a pas encore publié de commentaire officiel sur le résultat du scrutin.