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Le ministère britannique de la Défense sollicite l’industrie pour la conception de silos de missiles capables d’opérer à bord de bâtiments non habités, en restant prêts à tirer pendant au moins 30 jours sans aucune intervention humaine, selon un appel à informations récemment publié.

Cette demande, intitulée Future Integrated Air and Missile Defence Silos et diffusée sur le Defence Sourcing Portal le 27 mai, précise que les systèmes actuels et prévus de lancement et de silo de missiles maritimes « impliquent d’importants travaux de conception et d’intégration sur la plateforme, nécessitent un fort niveau de maintenance et d’interaction avec les opérateurs, et ne sont pas optimisés pour des opérations à distance dans le cadre d’une Marine Hybride, à bord de navires de surface non habités (USV) ».

Le ministère souhaite recueillir des informations sur des lanceurs performants, développés ou conceptuels, demandant peu de maintenance, capables d’être déployés aussi bien sur des plateformes habitées que sur des USV. Ces systèmes devront pouvoir tirer des munitions courantes telles que les familles de missiles CAMM et Aster, ou équivalents, tout en restant compatibles avec les armements futurs.

Un élargissement des capacités au-delà de la défense aérienne

Une mise à jour publiée le 30 juin élargit encore les ambitions, précisant aux fournisseurs que « un pilier du système intégré de défense aérienne et antimissile (IAMD) est la capacité de frappe ». Le ministère « valoriserait les réponses incluant la capacité de frappe dans les futurs silos », indiquant que les lanceurs envisagés devront pouvoir tirer aussi bien des armes offensives que des missiles d’interception de défense aérienne. Par ailleurs, l’appel à informations recherche des options de containerisation pour limiter la complexité d’intégration sur les plateformes, ainsi que des solutions visant une homogénéité de 90 % des composants entre les versions maritimes et terrestres, suggérant une famille de lanceurs commune destinée aux navires, aux USV et aux systèmes de défense sol-air au sol.

Cette exigence reflète le fonctionnement actuel des systèmes britanniques. Les silos existants de la Royal Navy, tels que les lanceurs Sylver tirant des Aster depuis les destroyers de type 45 ou les cellules de lancement vertical des Sea Ceptor sur la flotte de frégates, sont profondément intégrés aux navires et requièrent une présence humaine à bord pour la maintenance, les vérifications et le tir, un fonctionnement incompatible avec des navires inoccupés.

Une technologie clé pour les plateformes non habitées porteuses de missiles

Un silo capable de maintenir des armes prêtes à l’emploi pendant un mois sans surveillance constitue une technologie fondamentale pour les plateformes non habitées porteuses de missiles envisagées dans le Plan d’Investissement de la Défense. Ce dernier prévoit notamment des barges de missiles et des plateformes de détection naviguant aux côtés de bâtiments habités. Cette documentation s’inscrit dans le cadre du programme FADS Hybrid Navy, probablement lié au Future Air Defence System, développement de l’architecture de défense aérienne qui succédera aux destroyers de type 45, que le ministère a confirmé en début de semaine comme devant être retirés du service à partir de 2035 sans extension de leur durée de vie.

Le document précise également qu’il s’agit d’une analyse de marché et non du lancement d’un appel d’offres, indiquant que l’objectif de cette démarche « n’est pas de préparer l’industrie à une acquisition spécifique future ». Les informations recueillies serviront à orienter le développement du système hybride naval et de la défense aérienne intégrée pour les forces britanniques.