Les alliés de l’OTAN procèdent ensemble à l’acquisition de jusqu’à 10 aéronefs de surveillance avancée Saab GlobalEye pour remplacer la flotte actuelle d’AWACS E-3 Sentry, annonce majeure lors du sommet de l’alliance à Ankara. Parallèlement, l’OTAN a commandé davantage de drones MQ-4C Triton pour renforcer ses capacités de renseignement et de surveillance maritime.
Le secrétaire général, Mark Rutte, a rappelé que la flotte E-3 Airborne Warning and Control System a assuré la présence constante des « yeux de l’OTAN dans le ciel » pendant plusieurs décennies, couvrant des zones allant du nord de la Norvège au sud de la Turquie. Toutefois, ces appareils arrivent en fin de vie. Selon lui, l’achat des GlobalEye « garantira que nous maintenions une capacité de surveillance et d’alerte avancée détenue et opérée par l’OTAN forte et crédible pour les décennies à venir ». Le système Saab, déjà éprouvé, présente une capacité démontrée de détection, suivi et identification de menaces complexes, incluant notamment les essaims de drones, missiles balistiques et de croisière, tout en assurant la surveillance simultanée de l’espace aérien, maritime et terrestre depuis une plateforme unique.
Au-delà de cet achat commun pour la flotte détenue par l’OTAN, plusieurs alliés ont lancé un projet multinational distinct visant à coopérer dans l’acquisition d’avions de surveillance avancée similaires au GlobalEye, adaptés à leurs besoins nationaux. L’annonce a été faite en présence du Premier ministre suédois Ulf Kristersson.
Le GlobalEye combine le radar Erieye ER développé par Saab avec la cellule du jet d’affaires Bombardier Global 6000, associant des systèmes de mission suédois à un appareil canadien. Cet avion est déjà en service aux Émirats arabes unis et commandé par la Suède. Il a été sélectionné dans le cadre de l’effort de l’Alliance Future Surveillance and Control, surpassant d’autres options pour répondre aux besoins de l’OTAN.
Ce choix établit ainsi l’avenir de la flotte collective de l’OTAN sur une plateforme différente de celle du Boeing E-7 Wedgetail, adopté à titre national par le Royaume-Uni – dont les premiers exemplaires entrent en service dans la Royal Air Force – et par les États-Unis, malgré une certaine hésitation américaine concernant leur propre programme.
L’alliance renforce également sa force de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) en intégrant jusqu’à cinq drones Northrop Grumman MQ-4C Triton à haute altitude et longue endurance, qui viendront compléter la flotte RQ-4D Phoenix actuellement basée à Sigonella, en Italie. D’après Mark Rutte, les Triton offriront une surveillance persistante de vastes zones maritimes, de jour comme de nuit, permettant ainsi à l’alliance de « détecter précocement les menaces, protéger ses lignes de communication maritimes et soutenir les opérations dans des régions exigeantes, comme le Grand Nord ». Le Danemark, la Finlande, l’Allemagne et la Norvège font partie des nations participantes.
Appareil dérivé maritime du drone Global Hawk, le Triton peut rester en vol plus de vingt-quatre heures tout en explorant d’immenses espaces océaniques. Son intégration intervient à un moment où la protection des infrastructures sous-marines et la surveillance des activités navales russes dans les eaux nordiques deviennent des priorités majeures pour l’OTAN.
Dans le domaine de la mobilité aérienne, les alliés ont confirmé la prochaine livraison du dixième Airbus A330 MRTT au sein de la flotte multinationale MRTT, une force commune de ravitailleurs et de transport opérée depuis Eindhoven et Cologne pour leurs États membres. Cette livraison rapproche la flotte de sa pleine capacité de douze appareils. Par ailleurs, un nouveau projet multinational autour de l’avion de transport tactique A400M a été lancé, avec la participation de la Belgique, la Croatie, la France, la Pologne, l’Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni.
La Royal Air Force britannique exploite 22 A400M Atlas basés à RAF Brize Norton. Ce projet vise à approfondir la coopération entre opérateurs pour améliorer la disponibilité, le soutien logistique et le développement futur de cet appareil, bien que les détails de ce programme n’aient pas été précisés pour le moment.
Mark Rutte a qualifié ces annonces globales de capacités « Made in NATO », soulignant que les contrats signés lors du sommet représentent plusieurs milliards de dollars, soutenant ainsi la base industrielle transatlantique.