Article de 510 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le programme lancé en 2017 pour remplacer les soixante hélicoptères de transport lourd CH-53G de la Luftwaffe a connu plusieurs difficultés. L’appel d’offres initial opposant le CH-53J King Stallion de Sikorsky (filiale de Lockheed Martin) au CH-47F Chinook de Boeing a été annulé au bout de trois ans, car aucune des options ne rentrait dans le budget alloué de 5,6 milliards d’euros.

À cette époque, il n’était pas encore question d’un fonds spécial pour la Bundeswehr, ni de la « Zeitenwende » (tournant historique) qui allait émerger plus tard.

Relancé quelques mois plus tard avec des exigences assouplies, l’appel d’offres fut finalement attribué à Boeing, en collaboration avec Airbus, Lufthansa Technik, Honeywell Aerospace et Rolls-Royce Deutschland.

Le ministère de la Défense allemand avait souligné lors de l’annonce de son choix en juin 2022 : « Le Chinook est moderne et éprouvé. Grâce à lui, nous renforçons notre capacité de coopération en Europe. Le prix unitaire inférieur du CH-47F nous permet d’acquérir un nombre plus important d’hélicoptères, assurant ainsi une plus grande flexibilité opérationnelle pour les forces armées. » Il ajoutait également que « choisir un produit disponible sur le marché et utilisé mondialement réduit les risques techniques et financiers ».

Le plan initial prévoyait la commande de soixante CH-47F Chinook pour environ 4,3 milliards d’euros, avec des livraisons qui auraient pu débuter dès l’année suivante. Ce calendrier était ambitieux, notamment parce que l’administration américaine n’avait autorisé l’Allemagne à passer commande de ces appareils qu’en mai 2023, pour une valeur estimée à 8,5 milliards de dollars (soit 7,8 milliards d’euros au taux de change de l’époque).

Finalement, Berlin a conclu un accord d’environ 6,5 milliards d’euros pour les soixante hélicoptères, un montant jugé relativement maîtrisé alors que certains craignaient un coût bien plus élevé.

Cependant, selon des documents budgétaires soumis au Bundestag et publiés par le magazine Der Spiegel, la Bundeswehr devra payer 631 millions d’euros supplémentaires, soit un surcoût d’environ 10 % par rapport au montant initial.

Cette augmentation provient principalement des hausses de prix imposées par Boeing, et non de demandes spécifiques de la Bundeswehr. Le constructeur américain réclame 360 millions de dollars pour compenser la hausse des coûts chez ses fournisseurs, 230 millions pour des coûts de main-d’œuvre accrus, et 29 millions pour des ajustements liés à la configuration et à l’intégration des appareils.

Le ministère de la Défense allemand considère cette hausse comme normale, le budget approuvé par la Commission des finances du Bundestag reposant sur une estimation. Comme le souligne avec ironie Der Spiegel, il s’agit d’un simple « ajustement ». Par ailleurs, l’Allemagne n’a guère le choix : refuser ce surcoût risquerait de mener à l’annulation du contrat, conclu par le gouvernement américain en son nom.

Les premières livraisons des CH-47F Chinook à la Bundeswehr sont attendues en 2027.