Les marins souffrant de conditions médicales qui rendent le rasage quotidien douloureux, voire responsable de cicatrices, risquent désormais d’être séparés de la Marine s’ils ne peuvent pas se conformer à l’exigence d’un visage rasé de près après une année de traitement, ont annoncé récemment des responsables de la Marine américaine.
Cette mise à jour de la politique a été publiée dans un récent message administratif de la Marine (NAVADMIN). Les changements ne s’appliquent pas aux dérogations religieuses concernant les règles relatives à la pilosité faciale. Ils mettent en œuvre la directive de l’an dernier émanant du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui ordonne aux commandants militaires de commencer à procéder à la séparation des militaires bénéficiant de dérogations médicales au rasage.
Le nouveau texte indique que les commandants doivent considérer la « non-conformité volontaire » aux règlements d’uniforme de la Marine « comme une affaire de justice militaire ».
Dès son arrivée au département de la Défense, Pete Hegseth a ciblé les dérogations au rasage, limitant leur accord aux seules situations médicales temporaires, comme la pseudofolliculite de la barbe (PFB), une affection cutanée douloureuse fréquente chez les hommes noirs et aggravée par le rasage.
« Aujourd’hui, sur ma directive, l’ère d’une apparence non professionnelle est terminée », a déclaré Pete Hegseth à des centaines de généraux et d’amiraux lors d’une allocution le 30 septembre. « Plus de barbus. L’époque des profils de rasage excessifs et ridicules est révolue. »
La politique actualisée précise que seuls les commandants peuvent autoriser des dérogations médicales au rasage dans le cadre d’un plan de traitement. Les dérogations liées à des affections comme la PFB devront faire l’objet d’une évaluation tous les 90 jours et ne pourront être prolongées au-delà d’une année.
Le message stipule : « Les unités doivent engager la procédure de séparation administrative pour tout personnel atteint d’une condition permanente non maîtrisable, en raison du non-respect des normes de présentation après 12 mois consécutifs de traitement médical. »
Ces procédures administratives débuteront un an après la diffusion du message de la Marine daté du 7 juillet.
« Ce délai est nécessaire pour permettre aux unités, aux fournisseurs de soins médicaux et aux responsables de disposer de suffisamment de temps pour mettre à jour et diffuser les politiques locales, les procédures, les supports de formation, les documents éducatifs ainsi que pour mener des entretiens avec tous les marins concernés », précise le message.
Ces évolutions visent à garantir que la pilosité faciale des marins ne compromette pas leur sécurité, leur préparation opérationnelle ni leur capacité à utiliser des équipements respiratoires de protection, rappelle le message de la Marine. Les responsables de la Marine ont depuis longtemps mis en garde contre le fait que les barbes peuvent nuire à l’étanchéité des masques à gaz et à oxygène.
Ces affirmations ont toutefois été qualifiées de « non étayées » par des dermatologues expérimentés dans le domaine militaire.
Selon la politique, les commandants procéderont à un examen trimestriel des marins bénéficiant d’une dérogation médicale au rasage lorsqu’ils utilisent des protections respiratoires dans le cadre de leurs missions, leur formation ou en fonction de leur environnement professionnel.
La nouvelle politique autorise également les unités des forces spéciales à demander des « standards modifiés » des règlements d’uniforme de la Marine, en fonction des exigences de leurs missions. Il est commun que les militaires de ces unités portent la barbe lorsqu’ils évoluent dans des pays où cette pratique est culturellement acceptée.
Cependant, ces opérateurs spéciaux devront être rasés de près s’ils sont déployés dans des zones présentant un risque élevé d’attaque chimique, biologique, radiologique ou nucléaire, précise le message.
