Le premier navire de la flotte amphibie conjointe anglo-néerlandaise est prévu pour entrer en service dans les années 2030, a déclaré Luke Pollard, ministre britannique de la Préparation à la Défense et de l’Industrie, lors d’une session à la Chambre des communes.
Cette échéance a été annoncée en réponse à une question posée par Alex Ballinger, député travailliste de Halesowen et ancien Royal Marine ayant servi deux ans aux côtés des marines néerlandais. Ce dernier saluait la coopération avec les Pays-Bas dans le cadre du Plan d’Investissement en Défense et demandait quand les navires amphibies seraient opérationnels, les HMS Albion et HMS Bulwark étant désormais hors service.
« Après que le précédent gouvernement ait mis hors service le HMS Albion et le HMS Bulwark, sans jamais prévoir de les renvoyer en mer, ce gouvernement travailliste remet en service des navires amphibies », a souligné Pollard. « Nous collaborons avec les Pays-Bas pour développer une capacité conjointe, et notre ambition est que le premier navire entre en service dans les années 2030. »
Cette déclaration précise, même de façon large, le calendrier pour l’engagement amphibie inscrit dans le Plan d’Investissement en Défense, qui a abandonné le projet britannique de Multi-Role Strike Ship (MRSS) au profit d’une participation au programme néerlandais de navires de transport amphibies. Le plan stipulait que le MRSS « était trop complexe et ne correspondait pas à la Force Commando britannique que nous cherchons désormais à développer », amenant le ministère à se tourner vers une coopération plus étroite avec les Pays-Bas et à soutenir un investissement de 250 millions de livres sterling destiné à ces nouveaux navires amphibies pour constituer une flotte commune.
Caractéristiques des nouveaux navires de transport amphibies :
- Un total de 8 navires
- 4 destinés à la Royal Navy britannique
- 4 pour la Marine royale néerlandaise
- Programme d’une valeur de 2,4 milliards de livres
- Longueur d’environ 160 mètres
- Déplacement de 15 000 tonnes
- Capacité de transporter troupes, véhicules, équipements et drones
- Ponts d’envol adaptés aux drones longue portée actuels et futurs
- Construction prévue dans les chantiers navals britanniques
- Création attendue de centaines d’emplois qualifiés au Royaume-Uni
Le programme initial MRSS visait une classe de six navires de grande taille, entre 25 000 et 40 000 tonnes, destinés à remplacer les navires de débarquement de la classe Albion, les trois navires de type Bay et le RFA Argus, avec une première mise en service attendue au début des années 2030. Son annulation fait désormais du projet néerlandais de navires de transport amphibie la seule voie pour retrouver une flotte amphibie dédiée. Cette classe est plus petite et fait l’objet d’un développement aux Pays-Bas depuis 2024 pour remplacer deux navires de débarquement de la classe Rotterdam ainsi que des patrouilleurs de la classe Holland, avec des livraisons prévues à partir de 2032.
Un premier design conjoint avait été envisagé sous le nom de projet Catherine, via un mémorandum signé en 2023 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la Force amphibie UK-Pays-Bas, avant d’être abandonné en 2024 lorsque les deux pays ont jugé leurs besoins et budgets trop divergents pour concevoir un seul type de navire. Le Plan d’Investissement en Défense a finalement renversé cette position en faveur de la philosophie de conception néerlandaise.
La Royal Navy britannique ne dispose plus de navire d’assaut amphibie dédié depuis la retraite des Albion et Bulwark fin 2024, tous deux maintenus à une disponibilité réduite pendant plusieurs années en raison de difficultés d’équipage avant d’être vendus au Brésil. Ce vide oblige la Force Commando déployée à recourir à des navires alliés ou au transport aérien pour ses déplacements à grande échelle, une lacune soulignée dans les analyses des déploiements en Arctique cette année. L’objectif fixé par Luke Pollard pour les années 2030 indique que cette situation devrait perdurer plusieurs années encore.