Les derniers véhicules d’assaut amphibies en service dans le Corps des Marines, connus affectueusement sous le surnom de « tracks », ont récemment achevé leur ultime exercice sur le terrain avant leur retrait définitif, ont indiqué des responsables du Corps cette semaine.
Le 4e Bataillon d’Assaut Amphibie, la dernière unité toujours opérationnelle avec ces véhicules officiellement retirés du service, a participé le mois dernier à l’exercice Sea Breeze 26 en Roumanie. Cet événement a marqué la dernière opération du Corps des Marines avec l’AAV, acronyme désignant le véhicule amphibie d’assaut, selon un communiqué officiel.
Les AAV du bataillon seront désormais définitivement retirés et transférés à des partenaires étrangers, a précisé le capitaine Steven J. Keenan, porte-parole du Corps des Marines.
Le lieutenant-colonel Nishan Campbell, commandant du 4e Bataillon d’Assaut Amphibie, a passé l’intégralité de sa carrière dans des unités équipées des AAV, se définissant comme un « Amtracker ». Il souligne que la vie au sein de ces véhicules exige un état d’esprit très ancré dans la culture des Marines : celui de « faire avec l’adversité ».
« C’est vraiment dur quand on le fait, mais c’est là qu’on se rend compte, une fois revenu, à quel point c’était éprouvant. On partage tous la même difficulté ensemble. », a-t-il déclaré.
Après l’exercice en Roumanie, les Marines n’utiliseront plus ces véhicules pour des déploiements, opérations, exercices ou entraînements, a rappelé le capitaine Keenan, ajoutant que le Corps est désormais passé au véhicule de combat amphibie à huit roues.
« Les Marines peuvent continuer à former les forces partenaires à l’emploi de l’AAV, mais ne déploieront plus l’AAV au sein des formations du Corps des Marines. », a-t-il précisé.
Officiellement retirés l’année dernière, les AAV ont depuis été uniquement utilisés par le 4e Bataillon d’Assaut Amphibie pour des entraînements terrestres et des exercices bilatéraux prévus à l’étranger.

Pesant entre 25 et 30 tonnes, ce véhicule chenillé est entré en service dans le Corps des Marines en 1972. Conçu pour transporter les Marines du navire vers la côte, il a également été employé lors d’opérations terrestres, notamment l’invasion de l’Irak en 2003. Deux ans plus tard, en août 2005, 14 Marines et un interprète civil sont morts lorsqu’un AAV a explosé suite à un engin explosif improvisé à Haditha, en Irak.
En plus de ces conflits, ce véhicule a été engagé dans de nombreuses autres opérations, notamment au Liban, à Grenade, en Indonésie, ainsi que dans des missions de secours suite à l’ouragan Katrina dans les états du Mississippi et de Louisiane.
Les inquiétudes concernant l’état et l’ancienneté des AAV ont été amplifiées après la mort de huit Marines et d’un marin, en juillet 2020, lorsqu’un de ces véhicules a coulé au large de l’île de San Clemente, en Californie. Cet accident reste le plus grave impliquant un véhicule amphibie d’assaut dans l’histoire du Corps. L’enquête qui a suivi a révélé que la majorité des véhicules ne réussissaient pas les contrôles d’inspection.
L’année suivante, le Corps des Marines a annoncé que les AAV ne seraient plus utilisés lors des déploiements ni pour les entraînements amphibies. Ces restrictions sont toujours en vigueur, a confirmé le capitaine Keenan.