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Le ministère de la Défense a précisé que le destroyer Type 83, encore à un stade préliminaire de conception, n’avait fait l’objet d’aucune décision quant à son lieu ou mode de construction, en réponse aux inquiétudes concernant les pertes d’emplois potentielles dans les chantiers navals de BAE Systems sur la Clyde suite à l’annulation du programme.

Andrew Bowie, député conservateur de West Aberdeenshire et Kincardine, avait interrogé sur l’impact potentiel de cette décision sur l’emploi dans les chantiers du Clyde. Ce destroyer aurait dû succéder aux Type 45 en tant que navire dédié à la lutte antiaérienne dans la Royal Navy, avant d’être abandonné au profit de l’approche de marine hybride définie dans le Plan d’Investissement de la Défense (DIP).

Cette question intervient après une analyse publiée récemment, qui soulignait que l’annulation de cette génération de navires – le Type 83 et la frégate non numérotée Type 32 – aurait pu concerner jusqu’à onze coques larges et complexes. Leur construction, concentrée très probablement sur les sites du Clyde et de Rosyth, impliquait des milliers d’emplois hautement qualifiés.

Ces chiffres restent des estimations compte tenu de l’absence de contrats signés et de l’absence d’attribution à un chantier spécifique. En termes de tonnage et d’heures de travail, six grands bâtiments de commandement et une flotte de navires plus petits, non habités, ne sauraient compenser totalement la charge de travail perdue. La représentation varie en fonction du nombre de coques et du nombre de chantiers impliqués.

Le ministre chargé de la préparation à la défense et de l’industrie, Luke Pollard, a répondu le 10 juillet que le plan « s’est engagé à une série de travaux sur les constructions des Type 26 et Type 31 qui garantiront l’emploi dans les chantiers principaux écossais (BAE Systems et Babcock) jusque dans les années 2030, sécurisant des milliers d’emplois et apportant des millions de livres en bénéfices économiques locaux ». Concernant le destroyer annulé, il a précisé : « Fournir une capacité antiaérienne de pointe pour la Royal Navy a toujours été une priorité pour ce ministère, comme le soulignent la Revue stratégique de défense et le DIP. Le Type 83 était un concept en phase initiale, aucune décision n’avait été prise concernant son mode ou lieu de fabrication. »

Le ministre a orienté l’industrie écossaise vers les programmes de navires autonomes qui reprennent le rôle du Type 83 : « Le DIP a pris des engagements sur les navires Common Combat Vessels (CCV) et sur les navires autonomes Type 9x, constituant la marine hybride. Ces programmes offrent une opportunité importante et attractive pour les chantiers navals, les chantiers de petite plaisance et les entreprises technologiques écossaises, pour maintenir et créer des emplois à travers la chaîne de construction et de sous-traitance. » Il a ajouté que le gouvernement s’efforce d’assurer une visibilité claire et transparente sur la charge de travail pour soutenir la Royal Navy et stimuler la croissance du secteur.

Les « navires autonomes Type 9x » regroupent le Type 91 (plateforme autonome à missiles), le Type 92 (plateforme autonome de détection sous-marine), le Type 93 (véhicule sous-marin autonome extra-large) et le Type 94 (plateforme autonome de capteurs), qui travailleront en complément des Common Combat Vessels et des frégates habitées de Type 26 (huit unités) et Type 31 (cinq unités) dans ce que le DIP décrit comme un investissement inédit en capacités maritimes depuis une génération.

La mission de défense aérienne que le Type 83 aurait eue revient désormais aux six CCV, attendus au moment du retrait progressif des Type 45 à partir du milieu des années 2030, opérant en coopération avec les plateformes autonomes qu’ils coordonneront. Les escorteurs autonomes ne se limitent pas au volet antiaérien : les frégates Type 26 et Type 31 seront chacune accompagnées de plusieurs drones escorteurs, étendant ainsi cette flotte hybride à toute la surface maritime. À ce jour, aucun calendrier d’entrée en service n’a encore été fixé pour le Type 91.

Le ministère souligne que l’absence d’attribution du Type 83 à un chantier équivaut à ce que son annulation n’ait pas coûté d’emplois directement au chantier de la Clyde, dont l’avenir repose plutôt sur la série des Type 26, prolongée de quinze ans grâce à une commande norvégienne. Quant au chantier de Rosyth, il est attendu que le Common Combat Vessel prenne le relais après la série accélérée des Type 31.

Le lieu de construction des navires Type 9x n’a pas encore été révélé. Le Type 91 étant encore au stade conceptuel, l’élu travailliste écossais Paul Sweeney a récemment exhorté le gouvernement à désigner formellement les principaux sites de construction navale et à attribuer directement les commandes, afin de garantir une meilleure visibilité et une demande stable pour les chantiers concernés.

Dans sa réponse écrite à Andrew Bowie, Luke Pollard a également justifié l’abandon du Type 83 en soulignant que « la décision de choisir une approche hybride a été prise après une analyse approfondie des menaces actuelles et futures, incluant les enseignements des conflits en cours ». Il a précisé que « cette analyse reste classifiée, mais le modèle combinant systèmes habités et non habités donnera une force plus flexible avec une capacité renforcée de missiles, tout en améliorant la masse offensive. L’option alternative, une plateforme chère et sophistiquée comme le Type 83, aurait produit trop peu de navires pour couvrir toutes les missions de la Royal Navy, augmentant les risques. »

Quid des Type 9x ?

Type 91 – plateforme autonome à missiles. Il s’agit d’un navire de surface autonome équipé de silos à missiles, destiné à renforcer en capacité de munitions la flotte, intégré dans la future défense aérienne et antiaérienne maritime avec les CCV. Un prototype est prévu pour être en service d’ici 2030, sans calendrier précis d’entrée en service pour la classe. L’appel d’offres du mois de mai pour des silos capables de rester armés et prêts au tir 30 jours sans intervention humaine est probablement la technologie clé de ce programme.

Type 92 – plateforme autonome de détection sous-marine. C’est un drone destiné à la chasse aux sous-marins et à la surveillance sous-marine, constituant l’élément de guerre anti-sous-marine (ASM) et de surveillance des fonds marins. Il est naturellement lié à la protection des infrastructures sous-marines. Bien que le ministère de la Défense n’en ait pas détaillé les caractéristiques, il est vraisemblablement basé sur un navire de surface équipé d’un sonar remorqué.

Type 93 – véhicule sous-marin autonome extra-large (XLUUV). Submersible autonome d’envergure, ce programme fait suite aux essais du XV Excalibur à Plymouth, avec des charges utiles développées dans le cadre du pilier 2 du partenariat AUKUS, identifié comme projet phare dans le DIP. Une entrée en service vers 2030 est également envisagée.

Type 94 – plateforme autonome de capteurs. Ce navire de surface autonome complète le Type 92 : il agit comme une vedette radar mobile, étendant la couverture sensorielle et radar de la flotte. Il est mentionné, avec le Type 91, dans le dispositif maritime de défense aérienne destiné à remplacer le rôle des Type 45.