Des médiateurs tentent de préserver la diplomatie dans l’espoir de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, après que le président américain Donald Trump a déclaré la fin du cessez-le-feu. Une délégation qatarie s’est rendue en Iran tandis que le chef de la diplomatie iranienne a voyagé à Oman pour tenter de relancer les négociations.
Un échange de tirs cette semaine a fragilisé un accord déjà précaire, censé ouvrir la voie à une résolution durable du conflit, qui a éclaté fin février avec de lourdes frappes américano-israélo-iraniennes.
Alors qu’aucune discussion directe n’a eu lieu entre Téhéran et Washington depuis le mois dernier, des médias iraniens ont rapporté vendredi la visite d’une délégation qatarie à Téhéran, agissant en tant que médiateur.
Cette visite fait suite à l’annonce de Donald Trump affirmant que les pourparlers allaient se poursuivre, malgré une précédente déclaration les qualifiant de « perte de temps ».
« La République islamique d’Iran nous a demandé de poursuivre les ’discussions’. Nous avons accepté, mais les États-Unis leur ont clairement signifié que le cessez-le-feu est TERMINÉ ! » a publié Trump sur sa plateforme Truth Social.
Dans un message ultérieur, il a renforcé sa rhétorique en menaçant de « décimer complètement » l’Iran s’il tentait de l’assassiner.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé samedi à Oman, pays qui avait joué un rôle de médiateur dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran avant le déclenchement de la guerre, pour des discussions centrées sur le stratégique détroit d’Hormuz.
Ce détroit demeure un point de blocage majeur dans les négociations avec Washington, et Araghchi a insisté sur le fait que Téhéran avait respecté ses engagements.
« Jusqu’à présent, Téhéran a tenu sa parole, contrairement au soi-disant secrétaire au Trésor des États-Unis qui viole le paragraphe 9 du protocole d’accord », a-t-il déclaré.
Ce paragraphe concerne une clause du protocole d’entente entre Washington et Téhéran, stipulant que les États-Unis « ne doivent pas imposer de nouvelles sanctions ni déployer de forces supplémentaires dans la région », en attendant un accord final.
Or, cette semaine, le Département américain du Trésor a révoqué une dérogation temporaire aux sanctions sur le pétrole iranien, annulant une licence accordée en juin qui permettait à l’Iran de produire, vendre et livrer du pétrole brut et des produits dérivés jusqu’au 21 août.
« Cette violation s’ajoute à d’autres erreurs et manquements des États-Unis. Rappelons que la conformité ne peut être que mutuelle », a souligné Araghchi.
Échéance sur le détroit d’Hormuz
Depuis la signature du protocole d’accord, des délégations iraniennes et américaines ont tenu une seule série de pourparlers directs en Suisse ainsi que des négociations indirectes au Qatar. Toutefois, aucun progrès diplomatique notable n’a été observé depuis.
Le principal obstacle reste l’avenir du détroit d’Hormuz, fermé par l’Iran aux navires commerciaux durant le conflit en représailles aux frappes américano-israéliennes.
Ce passage maritime est un axe crucial pour les exportations pétrolières et gazières des pays du Golfe, et sa fermeture a lourdement pesé sur l’économie mondiale.
L’Iran réclame le contrôle du passage des navires et a annoncé son intention d’instaurer des redevances, affirmant que la liberté de navigation d’avant-guerre ne reprendra pas.
Washington considère de son côté Hormuz comme une voie internationale et rejette catégoriquement toute imposition de frais.
Selon des médias américains, Washington aurait donné à Téhéran jusqu’à samedi pour cesser ses tirs sur les navires commerciaux transitant par le détroit et reconnaître que la voie reste ouverte.
Les récents affrontements ont éclaté après que l’Iran a été accusé d’avoir visé trois navires qu’il jugeait hors de la route autorisée.
En représailles, les États-Unis ont lancé des bombardements massifs sur le territoire iranien, ciblant environ 90 installations, d’après l’armée américaine.
Ces frappes ont fait 17 morts et 115 blessés selon le ministère iranien de la Santé, tout en déclenchant une série de ripostes iraniennes contre des pays alliés des États-Unis dans le Golfe, qui abritent des bases militaires américaines.
Une paix difficile à préserver
Malgré son statut de nation ciblée durant le conflit, le Qatar a pris l’initiative de relancer la diplomatie.
L’agence iranienne Tasnim a rapporté vendredi la visite d’une délégation qatarie à Téhéran, visant à « renforcer le rôle de médiateur du Qatar suite aux événements de mardi ».
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, pays également engagé dans la médiation, a eu un échange téléphonique vendredi avec l’émir du Qatar au sujet de la récente montée des tensions.
Le dirigeant pakistanais a également dialogué avec le président iranien Masoud Pezeshkian, l’exhortant à protéger la « paix durement acquise » dans la région.
Cependant, le principal négociateur iranien dans les discussions avec Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf, a adopté un ton intransigeant.
« Mettre fin à la guerre est une priorité pour les nations du monde, mais il faut savoir que cette confrontation ne se terminera jamais par la capitulation de l’Iran », a-t-il déclaré, cité par l’agence officielle ISNA.
Il a assuré que les Iraniens sont « pleinement prêts à assurer leur défense ».