Le Royaume-Uni s’apprête à acquérir trois navires-mères de soutien en mer en coopération avec la Norvège, dans le cadre de la prochaine phase du programme de capacité de chasse aux mines, a confirmé le ministère britannique de la Défense. Pour la première fois, un nombre précis est ainsi donné concernant la flotte de navires-mères destinée à soutenir les systèmes autonomes de contre-mesures mines de la Royal Navy.
Cette information a été révélée dans une réponse écrite du ministre de la Défense, Luke Pollard, à un député conservateur, Ben Obese-Jecty, qui s’enquérait du nombre exact de navires que le ministère prévoyait d’acquérir conformément au Plan d’investissement de la Défense. « Le Plan d’investissement de la Défense exprime la volonté du gouvernement de renforcer la coopération avec la Norvège dans plusieurs domaines capacitaires maritimes. Dans le cadre de la prochaine phase du programme de capacité de chasse aux mines, le ministère se procurera trois navires de soutien en mer, parallèlement au renforcement des capacités autonomes de contre-mesures mines », a indiqué Luke Pollard.
Cette confirmation récente s’ajoute à un programme dévoilé progressivement, notamment avec un engagement de 1,1 milliard de livres sterling pour le programme de chasse aux mines et une autre réponse écrite, datant de cette semaine, qui évaluait à 90 millions de livres sterling l’enveloppe dédiée aux navires de soutien en mer dans le cadre des investissements liés à la guerre des fonds marins. Ces navires seront achetés conjointement avec la Norvège dans le cadre du programme autonome de chasse aux mines. Ce dernier échange vient préciser le nombre de trois navires, offrant ainsi une vision plus claire au fur et à mesure de la progression du programme.
Ces navires répondront à une nécessité pratique née du recentrage complet de la Royal Navy vers l’abandon des chasseurs de mines habités. Ce virage stratégique a été souligné cette semaine par le retrait officiel du HMS Chiddingfold du service actif.
Les systèmes autonomes qui prennent désormais le relais, comprenant notamment des navires télécommandés développés dans le cadre du programme anglo-français Maritime Mine Counter Measures, équipés de sonars remorqués et de véhicules de neutralisation de mines, ont besoin de plateformes pour les transporter vers des zones d’opérations éloignées, lancer et récupérer ces équipements, ainsi que pour soutenir leurs opérateurs en mission. Jusqu’à présent, la Royal Navy a expérimenté cette fonction avec le RFA Stirling Castle, un navire commercial converti. L’acquisition de navires dédiés au soutien en mer viendra durablement structurer ces opérations. En outre, les conceptions commerciales de ces navires, déjà adaptées pour un usage naval par le Royaume-Uni et la Norvège, représentent une solution rapide et économique pour l’acquisition des coques.
Cette coopération norvégienne s’inscrit dans la continuité de l’accord Lunna House, qui couvre diverses collaborations maritimes, notamment l’achat par la Norvège d’au moins cinq frégates de type 26 construites sur la Clyde, les opérations conjointes contre la menace sous-marine russe dans l’Atlantique Nord, et désormais la mise en commun des acquisitions de navires de soutien en guerre des mines. Les deux pays partagent en effet le même défi de protéger leurs ports, leurs approches maritimes et leurs infrastructures offshore situées dans les eaux nordiques.
La réponse officielle ne précise pas encore où ces navires seront construits, comment leur acquisition sera répartie entre les deux pays, ni la date prévue de leur mise en service.