Le navire britannique dédié à la guerre des fonds marins et à la surveillance sous-marine, RFA Proteus, va bénéficier d’améliorations dans le cadre d’un investissement de 330 millions de livres sterling visant à protéger les infrastructures sous-marines critiques, a confirmé le ministère de la Défense.
Cette précision a été apportée dans une réponse écrite du ministre de la Défense, Luke Pollard, à Stuart Anderson, député conservateur, qui s’interrogeait sur les systèmes qui seront développés avec les fonds alloués à la guerre des fonds marins dans le plan d’investissement de la Défense.
« Le Plan d’Investissement de la Défense prévoit plusieurs investissements dans les capacités de guerre des fonds marins, incluant une enveloppe supplémentaire de 330 millions de livres pour la protection des infrastructures sous-marines critiques, comprenant des améliorations et des mises à niveau pour le RFA Proteus, ainsi qu’un investissement de 90 millions de livres dans le programme autonome de chasse aux mines, pour l’acquisition de navires de soutien offshore (OSV) en coopération avec la Norvège », a déclaré Luke Pollard.
Cette volonté de moderniser le Proteus marque un tournant pour un navire dont l’avenir semblait incertain. Comme l’avait déjà rapporté le UK Defence Journal, le Proteus avait toujours été présenté comme le premier d’une série de deux navires de surveillance océanique multi-rôle. Les ministres avaient confirmé encore l’an dernier qu’un second navire était en phase conceptuelle, sans en dévoiler les détails. Le choix d’investir dans la modernisation du bâtiment existant laisse penser que le Proteus assurera cette mission pour un temps encore, la réponse ministérielle n’évoquant pas la construction d’un second exemplaire.
Le RFA Proteus a été initialement conçu comme navire commercial de soutien offshore, le MV Topaz Tangaroa, construit en Roumanie et aménagé en Norvège en 2019. Le ministère de la Défense l’a acquis début 2023 pour 70 millions de livres, avant de le transformer à Cammell Laird, à Birkenhead, dans un programme accéléré grâce aux fonds du projet National Flagship annulé. Entré en service en octobre 2023, ce navire de 6 133 tonnes est opéré par un équipage principal de 26 personnels de la Royal Fleet Auxiliary, complété par environ 60 spécialistes de la Royal Navy responsables des systèmes de surveillance sous-marine, de cartographie et de guerre des fonds marins. Le Proteus déploie des véhicules télécommandés (ROV) et autonomes sous-marins via un moonpool et un vaste hangar dédié, afin d’inspecter et protéger les câbles et les pipelines essentiels aux communications et à l’énergie du Royaume-Uni. Le navire a été actif dans ses opérations, notamment en suivant le navire russe de recherche Yantar, suspecté de cartographier les infrastructures sous-marines occidentales lors de ses fréquentes présences dans les eaux britanniques.
La réponse ministérielle ne précise cependant pas la nature exacte des améliorations qui seront apportées au Proteus.
Le second volet de cet investissement dans la guerre des fonds marins concerne une enveloppe de 90 millions de livres destinée à l’acquisition de navires de soutien offshore, en coopération avec la Norvège, dans le cadre d’un programme autonome de lutte contre les mines. Ces navires serviront de plateformes mères pour déployer les systèmes sans équipage qui prennent progressivement la relève des chasseurs de mines traditionnels de la Royal Navy, dont le HMS Chiddingfold, retiré du service cette semaine.
Cette coopération norvégienne s’inscrit dans le renforcement des relations bilatérales via l’Accord de Lunna House, déjà marqué par l’achat des frégates de type 26 et la collaboration dans l’Atlantique Nord. La réponse confirme que les deux pays achèteront désormais ensemble les navires de soutien destinés à la guerre autonome contre les mines.