Le terminal pétrolier de Finnart deviendra une nouvelle base dédiée à la chasse aux mines pour la Royal Navy, a révélé le First Sea Lord, le général Sir Gwyn Jenkins, attribuant ainsi une vocation opérationnelle supplémentaire au site de Loch Long récemment acquis, au-delà de son rôle initial de stockage de carburant annoncé en début de semaine.
Dans une vidéo tournée au milieu des réservoirs du terminal, le chef de la Royal Navy a exposé une double fonction pour ce site. « L’achat du terminal pétrolier de Finnart garantit à la Royal Navy et à l’OTAN un accès fiable aux approvisionnements en carburant pour nos navires de guerre. Ce site deviendra également une nouvelle base de chasse aux mines pour la Marine Hybride. Plus résiliente, mieux préparée au combat, » a-t-il déclaré, cité dans un message publié sur X.
Le rôle lié à la chasse aux mines n’avait pas été mentionné dans l’annonce officielle du ministère de la Défense, qui avait présenté l’acquisition, d’un montant de plusieurs millions de livres, dans une optique d’expansion des capacités souveraines de stockage de carburant de la Royal Navy, d’optimisation des infrastructures existantes et de soutien au programme de transformation de Clyde.
La confirmation par le First Sea Lord implique que le site accueillera désormais une composante opérationnelle de la flotte, faisant de Finnart, en pratique, une nouvelle installation navale en Écosse, une première de ce type depuis de nombreuses années.
Le choix de l’emplacement présente plusieurs avantages stratégiques. Situé sur la rive orientale du Loch Long, un fjord d’eau profonde relié au Firth of Clyde, Finnart est proche à la fois de Faslane et du dépôt d’armement de la Royal Navy à Coulport, sur la rive opposée. Il s’intègre ainsi au cœur du dispositif naval que doit transformer l’investissement de 15,1 milliards de livres consacré à Clyde. Cette acquisition peut être considérée comme une partie intégrante de ce vaste projet de développement du complexe naval.
Les approches maritimes du Clyde, par lesquelles doivent passer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et le reste de la flotte, correspondent précisément aux zones que doit sécuriser une force de chasse aux mines et où cette dernière doit s’entraîner. Les capacités de contre-mesures maritimes de la Royal Navy s’appuient désormais sur des systèmes autonomes, des navires télécommandés, des sonars tractés et des véhicules sous-marins sans équipage pilotés depuis des installations terrestres et des navires de soutien, en remplacement progressif des chasseurs de mines traditionnels, dont le retrait s’achève avec celui de l’HMS Chiddingfold cette semaine.
Cette nouvelle base coïncide également avec la structuration des forces d’appui. Le ministère de la Défense a confirmé cette semaine que trois navires de soutien offshore seront acquis en coopération avec la Norvège dans le cadre de la prochaine phase du programme d’une valeur de 1,1 milliard de livres consacré à la capacité de chasse aux mines. Ces navires serviront de plateformes-mères pour les systèmes autonomes, et un site terrestre situé sur une zone d’eau profonde à proximité de Faslane offrirait un emplacement idéal pour opérer à la fois sur le Clyde et la côte écossaise plus étendue.
Le quai, pouvant accueillir de très gros pétroliers, les vastes aires de stockage et les infrastructures existantes confèrent au terminal commercial ancien des atouts que la construction ex nihilo aurait rendus coûteux. Le ministère de la Défense n’a pas encore précisé les détails des installations de lutte contre les mines prévues sur place, ni les systèmes qui y seront basés, ni le calendrier de mise en service de cette nouvelle fonction. La déclaration brève du First Sea Lord laisse ces questions ouvertes et attendues dans le développement ultérieur du programme Clyde.