La Chine a présenté une version améliorée de son avion de patrouille anti-sous-marin Shaanxi Y-9, doté de capteurs renforcés pour la surveillance et le suivi des cibles.
Capturée lors d’un exercice d’entraînement en vol, cette nouvelle variante semble intégrer un radar à antenne active à balayage électronique (AESA) positionné sous le nez, ainsi qu’un détecteur d’anomalies magnétiques (MAD) repensé, selon les informations du Global Times et les analyses de l’expert militaire chinois Zhang Junshe.
Le système MAD permet de localiser les sous-marins immergés en détectant les perturbations du champ magnétique terrestre provoquées par leurs coques métalliques. Habituellement installé à l’arrière de l’appareil pour minimiser les interférences, il constitue un capteur clé dans les opérations de guerre anti-sous-marine.
D’après Zhang, cette mise à niveau cible les défis propres à l’environnement complexe de la mer de Chine méridionale, où la profondeur peut dépasser 1 000 mètres et les conditions maritimes compliquent la détection des sous-marins.
Il souligne que la nouvelle version offre des améliorations notables en matière de recherche, d’attaque sous-marine et de survie sur le champ de bataille.
Caractéristiques renforcées
Le Y-9 a été dévoilé publiquement lors du défilé militaire du Jour de la Victoire en 2025. Comparé à son prédécesseur Y-8, cet appareil bénéficie d’une plus grande portée et d’un rayon d’action étendu, d’une capacité maximale au décollage supérieure ainsi que d’une endurance accrue, ce qui optimise ses capacités globales de guerre anti-sous-marine, explique Zhang.
Selon l’expert, les images les plus récentes montrent que l’appareil est désormais équipé d’un MAD plus compact que celui présenté lors du défilé de 2025. Cette compacité réduit les interférences magnétiques liées à la structure de l’appareil, facilite la maintenance et étend la portée de détection.
Il ajoute que les lanceurs de bouées acoustiques, positionnés de part et d’autre du fuselage, permettent le déploiement d’environ 100 bouées de différents types lors d’une seule mission, créant ainsi un réseau d’écoute sous-marin couvrant plusieurs dizaines de kilomètres, améliorant la détection des cibles immergées.
Zhang indique que cette nouvelle variante du Y-9 a déjà intégré des entraînements opérationnels, témoignant d’une capacité initiale au combat avec des fonctions basiques de recherche et d’attaque sous-marine.
Premiers déploiements opérationnels
Le rôle opérationnel croissant de cet avion a été souligné en mars, lorsqu’il a été intercepté par des appareils de la Force aérienne d’autodéfense japonaise (JASDF) au-dessus de la mer de Chine orientale, marquant ce qui semble être son premier vol opérationnel porté à la connaissance du public.
Les images diffusées par les autorités japonaises et analysées par The Aviationist mettent en évidence une coupole proéminente sous le nez de l’appareil et un MAD allongé, installé sur la queue, qualifié de « sting » (aiguillon).
Le nez allongé abriterait un radar AESA offrant des capacités de surveillance air-air, air-sol ainsi que de radar à synthèse d’ouverture (SAR).
Le blog Chinese Military Aviation rapporte également la présence d’un système électro-optique situé sous le cockpit, d’une antenne SATCOM, d’antennes d’équipements électroniques de bord (ESM) aux extrémités des ailes, ainsi que de capteurs modernes d’avertissement de missiles approchants.
Selon ce blog, le développement de cette version a débuté vers 2020 avant sa présentation publique lors du défilé de 2025.