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Sikorsky envisage d’établir une ligne de production européenne pour son hélicoptère de nouvelle génération destiné à l’OTAN. Cette stratégie vise à renforcer sa position face aux constructeurs européens tout en facilitant la logistique et la maintenance des appareils en Europe.

Sikorsky a confirmé qu’elle poursuivait l’installation d’une chaîne de production du Next Generation Rotorcraft (NGRC) en Europe, dans le cadre de la future compétition organisée par l’OTAN pour le remplacement de ses hélicoptères moyens polyvalents. Cette initiative vise à renforcer la candidature de la filiale de Lockheed Martin face à ses concurrents européens tels qu’Airbus Helicopters et Leonardo, déjà bien implantés industriellement sur le continent.

La création d’une base industrielle régionale simplifierait la gestion des pièces détachées, les opérations de maintenance ainsi que les mises à jour tout au long du cycle de vie de la flotte européenne. Sikorsky a indiqué son intention de collaborer avec des entreprises et fournisseurs aéronautiques européens de premier plan, favorisant ainsi le transfert de technologies et la création d’emplois locaux.

Dennis Goege, directeur général Europe chez Lockheed Martin, a déclaré : « Nous sommes déterminés à renforcer nos partenariats stratégiques, à étendre la capacité industrielle et à approfondir notre présence à long terme en Europe. La production locale favorise une main-d’œuvre régionale hautement qualifiée, renforce la base industrielle de défense européenne et augmente la préparation de l’OTAN. »

Un programme ambitieux pour un hélicoptère commun moyen

Le programme NGRC de l’OTAN vise à développer un hélicoptère moyen polyvalent commun qui remplacera à partir du milieu des années 2030 les flottes vieillissantes telles que les UH-60 Black Hawk, NH90, AW101, et H225M.

Actuellement en phase de développement conceptuel, ce projet réunit Airbus Helicopters, Leonardo et Sikorsky, qui mènent des études sous contrat avec l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN. Cinq nations participantes — France, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni — doivent choisir un concept unique d’ici fin 2027, avec un lancement de développement prévu à partir de 2030. Le Canada et la Grèce participent également à cette initiative plus large.

L’OTAN imagine un hélicoptère moyen-lourd, éventuellement piloté à distance, construit autour d’une architecture modulaire ouverte, avec un système numérique central et une fusion multisensorielle assistée par intelligence artificielle.

Les objectifs budgétaires prévoient un coût unitaire maximum de 35 millions d’euros (environ 37 millions de dollars) et un coût moyen de vol inférieur à 10 000 euros (11 438 dollars) par heure.

Les exigences techniques stipulent un poids maximal au décollage compris entre 10 000 et 17 000 kilogrammes, une capacité de transport de 12 à 16 soldats entièrement équipés, une charge utile interne minimale de 2 500 kilogrammes avec 80 % de carburant, ainsi qu’une capacité de levage externe de 4 000 kilogrammes.

L’appareil doit également assurer une autonomie minimale de 900 milles nautiques (1 650 kilomètres), une endurance supérieure à cinq heures, extensible à huit heures grâce à des réservoirs auxiliaires, et une vitesse de croisière supérieure à 220 nœuds (407 km/h).

L’offre de Sikorsky

Sikorsky propose une version modifiée de son hélicoptère à rotors coaxiaux X2, développé initialement en 2005, pour répondre au cahier des charges NGRC.

Le démonstrateur X2 intègre des rotors coaxiaux contrarotatifs et un système de propulsion auxiliaire intégré, dédié aux missions d’attaque, de reconnaissance et de transport. Il est équipé d’une commande de vol électrique (fly-by-wire) qui permet de réduire le poids tout en améliorant la maniabilité, la fiabilité et la tolérance aux dommages.

Lors d’un essai en vol réalisé en 2010, le X2 a atteint une vitesse maximale de 250 nœuds (463 km/h), soit environ 15 % de plus que les hélicoptères classiques. L’architecture avancée du X2 permet de réduire les vibrations et la traînée aérodynamique, répondant ainsi aux limitations majeures des hélicoptères traditionnels.