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Un rapport de l’Office de la responsabilité gouvernementale des États-Unis (GAO) daté du 20 juillet révèle que la Marine américaine accuse un retard de deux ans dans l’intégration des missiles hypersoniques Conventional Prompt Strike (CPS) sur ses trois destroyers de la classe Zumwalt.

La GAO souligne que les retards persistants liés à la modernisation des navires, à la production des missiles et aux essais freinent l’objectif de la Marine de déployer son premier bâtiment de surface équipé d’armes hypersoniques.

Malgré ce retard, l’USS Zumwalt (DDG 1000) devrait revenir en service en septembre 2026 en tant que premier navire de la Marine doté de lanceurs de missiles hypersoniques. Toutefois, il ne transportera pas initialement ces armes, qui sont encore en phase de développement et de test.

Une modernisation du Zumwalt presque achevée

En janvier 2026, la modernisation de l’USS Zumwalt était réalisée à 94 %. Cette mise à niveau vise à remplacer ses deux canons avancés de 155 mm par quatre tubes lance-missiles à haute capacité. Chaque tube peut embarquer trois missiles CPS, permettant au navire d’emporter jusqu’à 12 munitions hypersoniques une fois le système opérationnel.

Le chantier a rencontré plusieurs difficultés techniques. La GAO rapporte que lors du premier arrêt et redémarrage du système hybride électrique de 78 mégawatts, certains équipements ont subi des défaillances. Par ailleurs, une quantité de câblage plus importante que prévue a dû être retirée pour installer les nouveaux tubes de lancement, engendrant du travail supplémentaire et retardant le calendrier.

En août 2025, l’US Navy a ajouté 230 000 heures de travail imprévues au contrat avec Huntington Ingalls Industries, pour un coût supplémentaire de 20 millions de dollars. En conséquence, le budget estimé pour la modernisation des trois destroyers de classe Zumwalt a grimpé de 1,8 milliard à au moins 2 milliards de dollars.

Des essais et une production de missiles encore en difficulté

Le rapport de la GAO indique que le premier tir d’essai en mer du missile Conventional Prompt Strike a été repoussé de 2025 à 2027, en raison de problèmes de financement et de difficultés dans la phase de test.

Alors que la modernisation des navires est sur le point d’être terminée, la production des missiles reste largement en deçà des objectifs fixés. Lockheed Martin ne parvient actuellement à fabriquer que six à sept missiles par an, contre les douze initialement planifiés par la Marine.

Les coûts liés au programme sont également en hausse. Le budget total estimé pour le CPS est passé de 31 milliards de dollars en 2020 pour 262 missiles à 41 milliards pour 224 missiles. En avril 2026, le coût unitaire moyen d’un missile était estimé à environ 67 millions de dollars.

La GAO recommande une stratégie unifiée pour l’hypersonique

Au-delà des retards, la GAO note que le Pentagone manque d’un plan d’investissement coordonné pour le programme Conventional Prompt Strike, d’une valeur supérieure à 50 milliards de dollars. Ce programme regroupe notamment les destroyers Zumwalt, les sous-marins de la classe Virginia et l’arme hypersonique à longue portée de l’armée de terre.

Chaque branche militaire gérant ses propres budgets, le rapport avertit que cette situation pourrait engendrer « de nouveaux retards et une utilisation inefficace des fonds publics ».

Le Département de la Défense a donné son accord à la recommandation de la GAO visant à élaborer une stratégie globale pour piloter ce programme à travers les différentes armées.

Le rapport met toutefois en lumière des avancées récentes : en avril 2025, la Marine a réalisé la première validation complète du système de lancement à gaz froid CPS lors d’un test utilisant une plateforme terrestre à la Station spatiale de Cape Canaveral, en Floride. Ce succès marque une étape importante avant les futures phases d’essais en mer.