Bien que la Turquie représente une menace potentielle pour la sécurité régionale d’Israël, elle ne constitue pas toujours une menace militaire directe comparable à celle de l’Iran. Le risque principal réside dans une rivalité politico-militaire croissante, une pression indirecte via des acteurs proxy en Syrie, les tensions en Méditerranée orientale, ainsi que dans l’exploitation par la Turquie de sa position au sein de l’OTAN et de son industrie de défense pour isoler Israël sur le plan diplomatique et militaire.
Les relations entre Israël et la Turquie sont davantage marquées par des tensions ouvertes, avec le président Erdoğan affirmant que les frappes israéliennes en Syrie et au Liban constituent également une menace pour la Turquie. Parallèlement, les analyses israéliennes tendent à présenter la Turquie comme un rival régional. Cette évolution est significative, car le conflit dépasse désormais le stade verbal pour s’incarner dans une zone d’opérations où intérêts et présences des deux pays peuvent rapidement entrer en collision, notamment en Syrie.
Le 4 juillet 2026, la Turquie a réussi à tester une version du Typhoon Block 3, un missile balistique conçu pour frapper des cibles navales. Le tir a démontré un impact direct sur une cible navale réduite, d’environ sept mètres de long, située à plusieurs centaines de kilomètres du point de lancement. Contrairement aux missiles destinés à des cibles fixes au sol, un missile balistique anti-navire (ASBM) s’inscrit dans un système global. Son efficacité requiert l’intégration d’un réseau de surveillance côtière, de moyens navals et aériens tels que drones, sous-marins et capacités de guerre électronique, afin de constituer une image de la situation maritime et d’ajuster en vol la trajectoire du missile. La décision de tir revient au commandement naval, tandis que la guidage missile se poursuit par liaison de données jusqu’à l’impact et à l’évaluation des dégâts (BDA).
Cette nouvelle arme, dénommée Typhoon Block 3 A, est une version étendue du Typhoon Block 2 dont la production en série a débuté chez ROKETSAN en 2023.
Le missile emporte une ogive, probablement de type radar, protégée par un matériau résistant – une coiffe céramique de rentrée atmosphérique assurant la solidité face aux contraintes thermiques et mécaniques durant la phase de rentrée et les manœuvres.
Les efforts de développement se sont concentrés sur la capacité à frapper avec précision une cible navale mobile de petite taille à des vitesses supersoniques, tout en transportant une ogive de forte puissance. La portée maximale est estimée entre 560 et 800 km, la charge utile se situerait entre 250 et 500 kg, l’ogive étant dérivée de celle du missile de croisière ATMACA. Les expertises indiquent que la tête chercheuse est un radar actif s’inspirant de celle du missile ATMACA, fonctionnant dans la bande Ku, avec une antenne projetée d’environ 350 mm de diamètre.