La livraison du Chengdu J-10CE à l’Ouzbékistan marque une étape majeure dans l’expansion des exportations militaires chinoises. En août, des images circulant sur les réseaux sociaux chinois ont montré des J-10CE arborant un schéma gris mat, destinés à ce pays d’Asie centrale. Lors d’une célébration nationale, ces appareils sont apparus dans une projection vidéo accompagnant une performance militaire locale.
Selon la presse ouzbèke, Tashkent a réceptionné six exemplaires sur une commande de vingt-quatre avions. Cette livraison fait suite aux performances remarquées du J-10 dans le conflit indo-pakistanais de 2025, où il a surpassé des avions indiens, notamment grâce à l’intégration de systèmes de guidage avancés.
Le J-10, développé à partir d’un projet des années 1980 et influencé par le programme israélien Lavi, a initialement été équipé de moteurs russes Saturn AL-31FN. Aujourd’hui, la version J-10C utilise un moteur chinois Shenyang WS-10 Taihang et des équipements locaux comme le radar à antenne active CETC KLJ-7A, renforçant l’autonomie technologique chinoise. Cette modernisation s’accompagne d’une intégration avancée avec des réseaux d’alerte et de contrôle aérien, permettant de coordonner les effets de combat via des avions de surveillance AEW&C et des drones.
En mai 2025, le J-10CE pakistanais a démontré son efficacité en abattant à longue distance des chasseurs Rafale indiens, grâce à des missiles air-air PL-15 guidés par les données AEW&C.
Le contenu chinois accru et la réputation grandissante du J-10CE stimulent les intérêts d’autres pays, notamment le Bangladesh et l’Indonésie, désireux de remplacer ou moderniser leurs flottes héritées de matériels russes.
Dans le même temps, les exportations russes d’avions de chasse s’effondrent. Les programmes phares comme le Sukhoi Su-35 et le Su-57 peinent à se vendre sur le marché international, tandis que le projet Su-75 furtif reste au stade de design. Le conflit en Ukraine et la montée en puissance de la force aérienne ukrainienne ont sérieusement entamé la crédibilité du matériel russe et la confiance des acheteurs potentiels.
Cette situation offre à la Chine une opportunité inégalée de capter des parts de marché dans le domaine des avions de combat d’exportation, notamment dans les pays en développement qui cherchent à moderniser leurs forces aériennes en s’éloignant de la dépendance russe.
