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Des composants électroniques américains et européens continuent d’être utilisés dans la fabrication des missiles balistiques russes, malgré près de 24 000 sanctions imposées depuis 2022 contre des entités liées à la Russie, a révélé Vladyslav Vlasiuk, commissaire présidentiel ukrainien pour la politique des sanctions.

Lors d’une présentation le 25 août, Vlasiuk a exposé des pièces issues de missiles Iskander et de roquettes 48N6 tirées par des lanceurs S-400, provenant notamment des États-Unis, du Japon, d’Allemagne, de Taïwan, de France, de Grande-Bretagne et de Suisse. Les États-Unis dominent clairement cette liste, étant le principal fournisseur technologique, notamment dans les systèmes balistiques qui requièrent une qualité exigeante.

Une enquête menée en 2024 indique que près de 70% des composants étrangers retrouvés dans ces missiles proviennent d’entreprises américaines telles que Nvidia, Texas Instruments, Analog Devices ou Microchip Technology. Malgré une application agressive des sanctions américaines, la Russie parvient à se procurer ces composants sensibles par l’intermédiaire de pays tiers, exploitant des failles légales qui permettent un remplacement rapide des fournisseurs sanctionnés.

Cette situation prend une dimension critique alors que Moscou augmente la production de missiles balistiques et hypersoniques à plus de 100 unités par mois, mettant à rude épreuve les capacités de défense ukrainiennes. En parallèle, la réduction des livraisons d’intercepteurs Patriot aux forces ukrainiennes, estimées entre 50 et 60 par mois, est insuffisante pour contrer les attaques massives combinant des centaines de drones et de missiles lancés régulièrement par la Russie.

Face à cette menace croissante, Kiev propose un plan en trois volets à ses partenaires internationaux : une synchronisation des sanctions visant tous les fabricants russes de missiles balistiques dans toutes les juridictions alliées, l’imposition de restrictions sectorielles sur environ 110 matériaux utilisés dans la fabrication de ces armes, et un durcissement des licences d’exportation pour les composants électroniques sensibles.

Ce plan prévoit aussi l’élimination des intermédiaires et routes clandestines par lesquels ces composants étrangers sont introduits en Russie. L’objectif est d’obtenir l’adoption rapide par l’Union européenne de mesures spécifiques dès septembre, avant un ensemble plus large de sanctions prévu fin octobre.

Enfin, à Washington, Vlasiuk encourage l’adoption de la loi Lindsey O. Graham de 2026 sur les sanctions contre la Russie et l’Iran, destinée à combler ces failles juridiques, après un soutien initial hésitant de l’administration américaine.

En résumé, malgré une quasi-toute puissance des sanctions, la Russie continue d’intégrer des technologies occidentales dans ses missiles balistiques, un défi majeur pour la politique internationale de lutte contre l’armement russe.

Sources : galaxiamilitar