Dans le cadre de la stratégie nationale de défense 2026, le quatrième et dernier axe met l’accent sur le renforcement accéléré de la base industrielle de défense, avec un objectif clair : encourager l’émergence de fournisseurs non traditionnels. Pour soutenir cette ambition, le bureau des opérations spéciales du Département de la Guerre organise, le 24 juillet dans la région de la capitale nationale, un événement d’une journée visant à stimuler l’innovation rapide.
Cette initiative, qualifiée d’« accélérateur », réunira une quinzaine d’entreprises qui présenteront leurs solutions innovantes dans neuf domaines directement liés aux besoins des forces spéciales militaires. L’objectif principal est de trouver des moyens d’introduire rapidement ces technologies sur le terrain, en contournant les procédures classiques d’acquisition qui sont souvent longues.
« Traditionnellement, dans l’acquisition, il y a beaucoup d’efforts pour déterminer ce dont le gouvernement a besoin avant de demander à l’industrie de produire ce qu’elle imagine être nécessaire. Ici, nous renversons cette logique », explique Bonnie Evangelista, directrice des acquisitions au sein du secrétariat des opérations spéciales. Elle précise que le bureau cherche d’abord à identifier les besoins opérationnels, puis à trouver parmi les solutions déjà développées par l’industrie celles qui peuvent répondre efficacement à ces besoins.
Cette approche représente une rupture complète avec les méthodes habituelles, surtout dans un contexte où l’évolution des technologies militaires sur le champ de bataille peut se faire en quelques heures ou jours, au lieu d’années ou de décennies.
L’originalité du processus repose sur ce que l’on appelle un « triangle critique » réunissant directement les combattants, les innovateurs du secteur privé et les experts des acquisitions, maîtrisant les aspects financiers et contractuels essentiels à l’introduction rapide des technologies sur le terrain.
Carmella Teeter, adjointe au secrétaire de la Guerre pour l’analyse, les ressources et les capacités des opérations spéciales, souligne : « Cet événement d’accélération illustre parfaitement la puissance de cette synergie. Il s’agit de concrétiser la vision du secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, qui insiste sur l’autonomisation des combattants et sur des cycles d’innovation plus courts afin de déployer rapidement les nouvelles technologies. »
Alors que les processus classiques d’acquisition peuvent durer trois ans ou plus entre l’attribution d’un contrat et la mise en œuvre opérationnelle, le but est ici de limiter ce délai à six mois, voire moins, avec parfois des contrats attribués le jour même de l’événement.
Pour sélectionner les participants, le bureau avait lancé un appel à propositions sous la forme d’un mémoire technique de deux pages répondant à des défis précis. Près de 700 candidatures ont été reçues, parmi lesquelles 15 entreprises ont été retenues pour présenter leurs projets le 24 juillet.
Lors de cet événement, les participants effectueront une présentation orale, suivie d’un exposé technique et d’une séance de questions-réponses avec les autorités gouvernementales. Tout projet retenu à cette première étape recevra un financement initial de 10 000 dollars, avec la possibilité d’accéder à une seconde phase et d’obtenir 50 000 dollars supplémentaires si la technologie répond aux exigences opérationnelles.
Les entreprises qui franchissent le second stade seront invitées à livrer un prototype avant d’atteindre la phase finale de production. « Cet accélérateur est particulièrement conçu pour lever les barrières d’entrée souvent rencontrées par les petites entreprises et les start-ups », ajoute Carmella Teeter, qui insiste sur l’importance de réduire la bureaucratie grâce à cette organisation triangulaire.
Au-delà de la dimension technique ou contractuelle, c’est surtout le souci du combattant qui guide cette démarche. « Nous devons fournir aux militaires la meilleure technologie possible, aussi rapidement que possible », affirme-t-elle. « Ces hommes et femmes sont confrontés à des défis impossibles ; nous leur devons un avantage décisif sur le champ de bataille. Cette initiative vise précisément à s’assurer que leur expérience et leur confort avec les nouvelles technologies soient au cœur de nos préoccupations, leur donnant un pouvoir d’influence sur leur futur. »
Si ce premier événement s’avère concluant, Carmella Teeter envisage la généralisation de ce modèle d’accélération à d’autres secteurs au sein du Département de la Guerre.