Les Gardiens de la Révolution iraniens ont désigné la base aérienne britannique de Fairford comme une « cible légitime », après que des bombardiers américains B-1 ont mené des missions contre l’Iran depuis cet aérodrome du Gloucestershire.
Dans une déclaration publiée jeudi, la 46e depuis la reprise du conflit, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a indiqué que les États-Unis avaient recours aux B-1 opérant depuis Fairford une fois les stocks de missiles embarqués sur leurs navires en océan Indien épuisés. Cette déclaration a retenu l’attention à Londres notamment par cette phrase : « Comme l’ont également précisé des responsables du ministère des Affaires étrangères, toute base utilisée pour envahir le territoire iranien est une cible légitime pour nous. »
Ce qui est nouveau dans cette communication, intitulée « Avertissement à la monarchie britannique », est le ton particulièrement direct. Elle accuse la monarchie britannique d’être « la cause principale des malheurs des peuples de notre région, avec un sombre passé de division des pays islamiques, de massacres généralisés dans ces pays, d’imposition de gouvernements autoritaires, et, pire encore, d’organisation et de leadership dans l’occupation de la Palestine et la création de la Nakba israélienne ». Le texte ajoute encore que la Grande-Bretagne a été très impliquée dans les agressions récentes des États-Unis et du régime sioniste contre l’Iran, et la met en garde de ne pas aggraver davantage sa situation.
Selon Reuters, le Royaume-Uni a répondu jeudi en affirmant que ses forces armées étaient prêtes à protéger le pays contre toute attaque. Un porte-parole du gouvernement a déclaré : « Nos forces armées sont prêtes à assurer la sécurité du Royaume-Uni contre toute forme d’attaque, qu’elle survienne sur notre sol ou à l’étranger. Le Royaume-Uni est prêt 24h/24 et 7j/7 à se défendre. » Il a ajouté que cette défense repose sur une approche multi-couche de lutte contre les menaces aériennes et de missiles, mobilisant la Royal Navy, l’armée de terre et la Royal Air Force, en coopération avec les alliés de l’OTAN. Concernant les missions aériennes américaines, le gouvernement n’a fait aucun commentaire, invoquant sa position habituelle de ne pas commenter les opérations militaires étrangères.
Les avions américains opèrent depuis Fairford dans ce cadre depuis mars, après que la base a été autorisée pour ce que le gouvernement appelle des frappes défensives. Le Premier ministre Andy Burnham a maintenu cette politique depuis sa prise de fonction le 20 juillet, et le gouvernement a récemment confirmé son engagement dans l’accord existant permettant aux États-Unis d’utiliser des bases britanniques dans le cadre, comme il l’a décrit, de l’auto-défense collective dans la région. Cet arrangement couvre les opérations américaines contre des sites de missiles ayant servi à attaquer la navigation dans le détroit d’Hormuz.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a publié une déclaration parallèle à celle de l’IRGC, dénonçant la décision d’autoriser l’usage des bases britanniques par les Américains et avertissant que toute partie participant à une agression contre l’Iran en porterait la responsabilité. Il a qualifié Londres d’un des principaux architectes de l’instabilité régionale, en rappelant les ressentiments historiques : le coup d’État de 1953, le soutien britannique à l’Irak durant la guerre des années 1980, les sanctions nucléaires, et la récente désignation de l’IRGC comme organisation proscrite.