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Alors que l’Ukraine intensifie ses frappes sur le territoire russe, notamment en Sibérie, le président kazakh a appelé à la fin du conflit lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine. Cette escalation intervient dans un contexte de pertes civiles croissantes et d’impasses diplomatiques.

Des drones ukrainiens ont frappé une raffinerie de pétrole en Sibérie samedi, provoquant un incendie, selon les autorités locales. Au même moment, à Omsk, en Sibérie, le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev demandait à Vladimir Poutine la fin de la guerre en Ukraine, au cours d’un sommet russo-kazakh. « C’est honteux, des jeunes meurent… Tout cela doit cesser », a-t-il déclaré face au président russe.

Ce rare appel public à mettre fin au conflit est venu quelques heures après que les autorités russes ont annoncé qu’une trentaine de drones ukrainiens avaient survolé diverses régions russes, dont des zones éloignées comme la région de Tioumen, où une raffinerie a été incendiée. En outre, des compétitions sportives nationales ont été suspendues après des menaces de drone, notamment un événement d’athlétisme à Iekaterinbourg, dans l’Oural.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué l’attaque de la raffinerie en Sibérie et confirmé que Kyiv avait touché à nouveau une usine militaire dans la région de Kirov, un site touché la veille et qui avait fait cinq morts selon les autorités locales. Ces opérations de représailles ukrainiennes visent selon Kyiv à affaiblir les capacités de guerre russes et à forcer Moscou à négocier.

Lors du sommet à Omsk, Tokayev a qualifié les origines du conflit d’« incompréhensibles » et plaidé pour un gel des combats, suggérant un retour aux pourparlers d’Istanbul avant de parvenir à une « paix tant attendue ». Poutine a répondu qu’il informerait le président kazakh des « détails » de la guerre, rappelant son objectif de prendre le contrôle total de l’Est ukrainien.

Sur le front, les violences continuent de faire des victimes civiles. Les autorités russes installées dans les territoires ukrainiens occupés, notamment dans la région de Zaporojié, ont rapporté que l’attaque ukrainienne sur la ville d’Kyrylivka, en bord de mer d’Azov, avait causé la mort de 12 personnes dont quatre enfants, ciblant un camp touristique. Huit personnes sont toujours portées disparues.

Dans la région de Kherson, un autre mort a été confirmé par les autorités russes. De son côté, Kyiv a signalé plusieurs victimes à la suite d’attaques russes, notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine. Un raid russe sur la ville de Sumy, au nord-est, a tué trois civils sur un site de la société de messagerie privée Nova Poshta. Deux autres personnes ont péri dans d’autres localités.

Des attaques russes ont également touché un cargo ukrainien transportant près de 2 800 tonnes de maïs quittant le port d’Odessa. Le navire a pris feu et si sept membres d’équipage ainsi qu’un pilote ukrainien ont été secourus, deux marins restent portés disparus.

Ces incidents surviennent dans un contexte où l’ONU a récemment exprimé son inquiétude sur l’augmentation du nombre de victimes civiles depuis près de quatre ans et demi de conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Les échanges diplomatiques, sous l’égide des États-Unis notamment, sont au point mort.

Par ailleurs, les frappes répétées par drones ukrainiens ont provoqué des perturbations importantes en Russie. La société Wildberries, géant du commerce en ligne russe implanté à Iekaterinbourg, a évacué son personnel après une menace de drone mais n’a pas constaté de dégâts. Ce distributeur a été ciblé à plusieurs reprises au cours des derniers jours, causant des incendies ayant tué des employés.

Face à ces attaques et leur impact sur l’approvisionnement énergétique, Moscou a annoncé samedi la prolongation jusqu’à la fin de l’année de l’interdiction d’exportation de carburant.