Pour marquer clairement l’unité large et transpartisane sur les questions de défense et de sécurité en Suède, le prochain gouvernement social-démocrate devrait conserver Pål Jonson (Modérés) comme ministre de la Défense. Considéré comme l’un des meilleurs ministres suédois sur ces questions, sa continuité à ce poste illustrerait que la sécurité nationale prime largement sur les clivages politiques traditionnels.
En Suède, un consensus existe entre la plupart des partis parlementaires autour de la modernisation des forces armées, de la politique de défense, de l’adhésion à l’OTAN et du soutien militaire à l’Ukraine. Il a même été indiqué par des membres du Parti de gauche que ces orientations ne seraient pas remises en cause, hormis possiblement la création d’un nouveau régiment, sans doute à Kiruna, pour satisfaire les attentes social-démocrates, même si cette structure n’a pas de réelle portée opérationnelle.
Le fonctionnement politique suédois repose sur un système où le Riksdag (parlement) nomme le Premier ministre après désignation par le président du parlement. Le candidat présenté devient Premier ministre tant qu’une minorité ne vote pas contre sa nomination. Cette procédure ne requiert pas que le Premier ministre ou ses ministres soient élus au parlement ou même membres d’un parti politique. En théorie, une personnalité extérieure pourrait être nommée à la tête du gouvernement, et choisir librement ses ministres, y compris non élus.
Cette particularité offre à Magdalena Andersson (Parti social-démocrate), qui devrait accéder à la tête du gouvernement après les élections de septembre, la possibilité de reconduire Pål Jonson (Modérés) à la Défense, garantissant ainsi une continuité et une expertise appréciées dans la gestion stratégique de la sécurité et la défense du pays.
Cette décision serait un signal fort confirmant que la politique de défense suédoise, l’engagement dans l’OTAN et l’aide apportée à l’Ukraine restent des priorités constantes, au-delà des alternances partisanes.
Indépendamment du résultat électoral, il serait souhaitable d’assister à une conférence de presse commune réunissant Magdalena Andersson (S), le Premier ministre sortant Ulf Kristersson (M) et idéalement Jimmie Åkesson (SD), pour affirmer que les questions de défense, la politique sécuritaire, l’appartenance à l’OTAN et le soutien à l’Ukraine font l’objet d’un consensus politique solide et ne seront pas débattues en campagne électorale.
La liberté, la souveraineté nationale et la démocratie suédoises doivent toujours primer sur les divisions partisanes. Une telle déclaration publique, suivie d’un geste concret dans la composition du nouveau gouvernement, avec la reconduction de Pål Jonson comme ministre de la Défense, constituerait un témoignage de cette unité essentielle.