La gigantesque plateforme logistique de Wildberries à Riazan a été entièrement détruite suite à un bombardement ukrainien cette nuit, tandis que deux des plus grandes raffineries russes situées à Perm et Riazan ont également été ciblées.
Depuis mai jusqu’à juillet 2026, la situation sur le terrain reste tendue. Les forces russes subissent de lourdes pertes lors d’offensives frontales, sans réussir à gagner significativement de terrain. En parallèle, l’Ukraine, lorsqu’elle en saisit l’opportunité, mène des contre-offensives limitées, reprenant des territoires notamment sur le front sud et dans la région de Dnipropetrovsk, bientôt entièrement libérée. Le recours massif aux drones rend impossibles les grandes manœuvres mécanisées, bien que les blindés conservent un rôle de complément.
Dans ce contexte, la Russie mène des bombardements terroristes apparemment aléatoires sur des objectifs civils, en particulier dans les villes proches du front. À l’inverse, les frappes ukrainiennes se concentrent de manière systématique en profondeur sur la logistique russe, l’industrie pétrolière et militaire. L’Ukraine a notamment réussi à couper les voies terrestres menant à la Crimée occupée grâce à des drones d’attaque dotés de missiles à courte portée, ainsi que les voies maritimes.
La Russie peine à compenser ses immenses pertes en personnel, ce qui laisse présager une mobilisation prévue à l’automne. Le Kremlin a d’ailleurs initié un glissement sémantique, abandonnant officiellement la terminologie de « opération militaire spéciale » au profit du terme « guerre », afin de justifier cette mobilisation. Cette rhétorique masque toutefois la réalité juridique selon laquelle les zones ukrainiennes annexées illégalement sont considérées par Moscou comme territoire russe défendant ainsi ses frontières, une assertion dénuée de fondement.
Les signaux indiquent un repositionnement des États-Unis qui réaffirment leur soutien à l’Ukraine, ce qui a été confirmé par la visite officielle récente de Volodymyr Zelensky à Washington. Par ailleurs, les tensions entre l’Iran et l’Ukraine semblent s’apaiser, après des discussions retenues et matures autour de leur différend.
Évaluation stratégique
À ce stade, l’Ukraine détient un avantage stratégique. L’économie russe et ses capacités militaires s’épuisent dans un conflit d’usure insoutenable à long terme. Le président Poutine, privé d’informations fiables en raison du contrôle dictatorial, semble persuadé que la situation s’améliore et rejette l’idée d’un cessez-le-feu. En revanche, l’Ukraine, soucieuse de préserver des vies, est prête à instaurer une trêve sur la ligne de front actuelle, avec quelques ajustements autour de lignes naturelles de défense comme les cours d’eau, démontrant l’absence d’envie russe pour la paix.
Le conflit va donc se poursuivre avec une intensification progressive, au fur et à mesure que l’Ukraine améliore ses technologies militaires. Selon les prévisions, la guerre pourrait prendre fin l’année prochaine, sans que l’on sache encore laquelle précisément.
Une mobilisation russe pourrait engendrer un phénomène classique des guerres russes : une révolte des soldats qui retourneraient leurs armes contre le pouvoir central à Moscou, renverseraient le dictateur et instaureraient un nouveau régime, similaire à ce qui s’était passé lors de la révolution russe. Toutefois, cette mobilisation n’aura pas d’impact décisif sur le terrain. Des troupes mal ou non formées seront envoyées au front, sacrifiées face à des défenseurs ukrainiens aguerris et technologiquement supérieurs. Parallèlement, l’économie russe devrait être fortement affectée avec l’extraction massive de la main-d’œuvre, provoquant une fuite de millions de Russes tentant d’échapper à la conscription. Malgré les contrôles frontaliers, les permis de sortie et ressources financières permettront à beaucoup de quitter le pays. Les mobilisés seront principalement ceux dépourvus de ces facilités.
Les discussions diplomatiques entre l’Iran et l’Ukraine ont empêché une escalade majeure. L’Iran avait envisagé une riposte balistique contre Odesa après une frappe ukrainienne sur un navire iranien transportant des armes vers la Russie, mais a finalement opté pour la désescalade, notamment après l’intervention de diplomates occidentaux dont la ministre estonienne des Affaires étrangères, Kaja Kallas.
Points d’alerte récents
La nuit dernière, l’énorme centre logistique de Wildberries à Riazan a été bombardé par l’Ukraine et est désormais en flammes, considéré comme totalement détruit. Ce centre de distribution, d’une superficie de 155 000 m², s’ajoute à plusieurs autres sites similaires en Russie menacés ou partiellement endommagés, notamment à Alexin, Penza, Saratov, Samara et Saint-Pétersbourg.
En parallèle, les forces ukrainiennes ont frappé le raffinerie de Perm, l’une des dix plus grandes de Russie, avec un incendie visible atteignant des unités de traitement principales. La raffinerie de Riazan, l’une des trois plus importantes du pays, a également été bombardée et se trouve en feu. Ces installations précieuses permettent la production de carburants, notamment destinés à l’armée russe, avec une capacité annuelle de 17 millions de tonnes.
Les frappes ukrainiennes se sont également étendues à une base de navires de combat russes en Crimée.
Le chef du Russian Laboratory of Air Transport, une société russe développant des drones, a été victime d’une attaque à son domicile à Toula, où il a été blessé par balles.
Autre incident notable, un navire norvégien a heurté une embarcation de plaisance hier soir, entraînant la disparition de deux personnes – une mère et sa fille – tandis que deux autres membres de la famille ont été secourus. L’équipage du navire, dont le capitaine affirme n’avoir rien ressenti, est composé de marins russes. Les autorités suédoises ont procédé à un contrôle du navire avec l’appui de leur unité d’intervention nationale, ouvrant une enquête pour négligence en navigation.
En matière aérienne, les forces ukrainiennes ont abattu un drone de reconnaissance russe Zala Z-20 à 6 400 mètres d’altitude. Ce drone, doté d’une autonomie de plus de 7 heures et équipé d’intelligence artificielle pour la détection et la priorisation des cibles, est utilisé pour le renseignement à longue portée.
Sur le plan politique, le Sénat américain a adopté à une large majorité un projet de loi renforçant drastiquement les sanctions contre la Russie. Celui-ci prévoit notamment des droits de douane américains à 100 % sur le pétrole et le gaz russes, un élargissement des sanctions contre la flotte fantôme russe, la restriction d’accès des entreprises russes aux marchés financiers américains ainsi que l’interdiction des transactions concernant la dette publique russe. Ce texte, initialement porté par le défunt sénateur Lindsey Graham, doit désormais être validé par la Chambre des représentants avant entrée en vigueur.
Enfin, le projet russe de missile balistique intercontinental RS-28 Sarmat, surnommé « Satan II », objet de campagnes de propagande Kremliniennes, vient d’être révélé comme un échec technique. Aucune preuve publique de performances opérationnelles a été démontrée, et les frappes ukrainiennes ont montré que la majorité des missiles russes, qu’ils soient balistiques, hypersoniques ou de croisière, sont systématiquement interceptés.