Au cœur de l’été, trois sujets retiennent l’attention : les États-Unis font face à une pénurie croissante de missiles Patriot après de lourdes dépenses, un missile russe s’est écrasé en Pologne, et le gouvernement allemand envisage des mesures pour contrer d’éventuelles entraves à des mouvements de troupes de l’OTAN par des gouvernements régionaux d’extrême droite.
Pénurie de missiles Patriot aux États-Unis. Selon une analyse du Center for Strategic & International Studies (CSIS) de Washington, les forces américaines ont consommé près des deux tiers de leurs missiles Patriot depuis le début du conflit avec l’Iran. Ce système de défense antimissile, clé dans la protection contre avions, missiles de croisière et balistiques, voit ses stocks fortement réduits. Pour le système THAAD, dédié aux menaces balistiques de plus longue portée, près de la moitié des munitions a également été utilisée.
Au 27 février, le parc de missiles Patriot des forces américaines comptait environ 2 330 unités. Ce chiffre était tombé à 1 030 au moment du cessez-le-feu du 8 avril, correspondant à une consommation de plus de la moitié du stock initial. Malgré ce cessez-le-feu, les combats se sont poursuivis et fin juillet, le CSIS estime que seuls 800 missiles restaient disponibles.
Cette situation a des conséquences stratégiques majeures, tant pour la poursuite du conflit avec l’Iran que pour une éventuelle confrontation avec la Chine. Elle impacte également, de façon indirecte, l’Ukraine et l’Europe, qui ne peuvent guère espérer des livraisons rapides de missiles Patriot. Leur espoir repose donc sur la production sous licence, notamment en Ukraine et dans les usines allemandes prévues à cet effet.
Un missile russe s’écrase en Pologne. Dans l’est de la Pologne, un missile de croisière russe du type Ch-101 a dévié de sa trajectoire prévue pour frapper l’Ukraine, pénétrant dans l’espace aérien d’un pays membre de l’OTAN avant de s’écraser et d’exploser. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a confirmé que les autorités avaient découvert un cratère et des débris sur un terrain, estimant que l’engin était très probablement un missile russe, tout en précisant que l’identification définitive restait à confirmer.
Il a ajouté : « Il n’y a pas eu de menace directe car le missile est tombé dans une zone inhabitée ; nous étions prêts à l’abattre s’il avait poursuivi son vol. »
Plan allemand contre les blocages de l’OTAN par des gouvernements AfD. Des médias allemands et britanniques ont révélé que le gouvernement fédéral allemand étudie actuellement des mesures pour faire face à un scénario où un ou plusieurs États régionaux, gouvernés uniquement par l’AfD, pourraient entraver les mouvements de troupes de l’OTAN sur le territoire allemand.
Cette inquiétude repose sur la politique pro-russe supposée de l’AfD, qui pourrait, en cas de montée en puissance de l’Alliance, retarder ou bloquer administrativement les convois et transports militaires de la Bundeswehr et de ses alliés. Friedrich Merz, président de la CDU, travaille selon le Telegraph britannique à élaborer des plans secrets visant à empêcher que certains landers qualifiés de « traîtres pro-Kremlin » ne compromettent la défense collective.
La Welt allemand décrit plus sobrement cette stratégie : « Le gouvernement fédéral examine comment assurer le rôle de l’Allemagne comme plaque tournante logistique de l’OTAN si un Land venait à ne pas coopérer en situation de crise. »
Le vice-président de la commission intérieure du Land de Saxe-Anhalt, Tobias Krull (CDU), a confirmé ces discussions, qui prennent aussi en compte les risques de retards liés à l’inexpérience administrative des élus AfD, au-delà d’un sabotage délibéré.
Ces mesures visent exclusivement les opérations de l’OTAN en temps de tensions avant toute déclaration officielle d’état de défense en Allemagne. En temps de guerre confirmé, les lois d’exception permettraient au gouvernement fédéral de prendre des mesures plus drastiques. Le problème principal apparaît lorsqu’un déploiement préventif de troupes et de matériel est ordonné pour renforcer le flanc est de l’Alliance, et que ces transports doivent emprunter en grande partie la « plaque tournante » allemande.