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Une nouvelle attaque terroriste contre Kyiv a fait neuf morts et vingt-huit blessés après le tir de vingt-sept missiles balistiques russes sur la capitale ukrainienne. Parallèlement, une raffinerie russe située à Oufa, dans la région russe de Bachkourtostan, a été bombardée par l’armée ukrainienne.

Malgré un avantage stratégique d’ensemble dans la campagne de frappes contre l’économie de guerre russe, l’Ukraine est confrontée à une pénurie de missiles intercepteurs Patriot, ce qui a limité sa capacité à neutraliser efficacement les attaques ennemies. La Russie continue de subir des pertes massives, principalement humaines, tandis qu’elle tente en vain de lancer de grandes offensives mécanisées entravées par la guerre de drones. Les offensives ukrainiennes, bien que limitées, se poursuivent lorsque les occasions se présentent.

Situation militaire et stratégique
La Russie manque de personnel et prévoit une mobilisation à l’automne, une mesure peu susceptible de modifier fondamentalement l’issue du conflit. De son côté, l’Ukraine souffre d’une insuffisance en systèmes de défense antimissile balistique, un handicap qui alimente la permanence des attaques à longue portée contre ses villes, notamment Kyiv. Le conflit s’enlise dans une guerre d’usure où les percées militaires restent difficiles à obtenir, notamment en raison des progrès technologiques qui cimentent la ligne de front.

Attaque massive sur Kyiv
Dans la nuit, 220 projectiles russes ont été lancés contre l’Ukraine, dont 27 missiles balistiques Iskander M ou tirs depuis des systèmes S-400, 4 missiles hypersoniques Tsirkon ou Onix et 185 drones de type Shahed. Sur ces 220 engins, seuls un missile balistique, un missile Ch-59/69 et 154 drones ont été abattus par la défense ukrainienne. Cette faible interception se explique en grande partie par la rupture de stock des missiles Patriot, dont la production sous licence par les États-Unis n’a pas été autorisée, selon les décisions récentes de Washington.

Dans son message, le président Volodymyr Zelensky a dénoncé cette situation :

« Dans la nuit, les Russes ont lancé 35 missiles dont 27 balistiques, ainsi que 185 drones d’attaque. Kyiv a été la cible principale, mais des frappes ont également touché les régions de Dnipro, Sumy, Kharkiv et Poltava. Une seule interception de missile balistique a pu être réalisée, faute de systèmes d’interception disponibles. Cette pénurie encourage la Russie à multiplier ces attaques meurtrières. Il est crucial que nos partenaires comprennent que ces capacités de défense ne sont pas nécessaires pour des scénarios hypothétiques, mais ici et maintenant, pour contenir la guerre russe en Ukraine. Chaque lot d’intercepteurs permet de sauver des vies. Chaque nuit sans eux signifie plus de victimes. Je remercie tous ceux qui œuvrent à renforcer notre défense. »

Les autorités attendent que le bilan des victimes augmente au fur et à mesure de l’avancement des opérations de secours.

Riposte ukrainienne à Oufa
À environ 1 300 km à l’est, en Russie, la raffinerie Bashneft d’Oufa, dans le Bachkourtostan, a été ciblée par une attaque ukrainienne, causant plusieurs explosions et un incendie visible. Cette opération souligne la capacité des forces ukrainiennes à porter des coups significatifs sur les infrastructures industrielles russes à longue distance.

Evolution géopolitique et influence sur l’Union européenne
Pendant ce temps, les tensions géopolitiques s’exacerbent. Le Kremlin continue de durcir ses exigences dans les négociations, notamment en demandant des zones tampons au-delà des territoires annexés illégalement, selon une tactique de négociation visant à brandir des demandes excessives pour obtenir des concessions sur des revendications injustifiées.

Cette stratégie est également accompagnée par une tentative d’influence accrue sur les gouvernements de certains pays européens, y compris la Suède, où la montée des partis d’extrême droite pro-Kremlin pourrait compromettre le soutien au gouvernement ukrainien. Cette manœuvre s’inscrit dans une logique de division de l’Union européenne, exacerbée par l’utilisation du « migrant-weapon », c’est-à-dire la menace d’une crise migratoire orchestrée pour semer la discorde politique parmi les États membres.

Dernièrement, la situation à Ceuta, enclave espagnole, illustre l’emploi de ces tactiques de pression. Bien que la majorité des migrants aient été reconduits en arrière, la question a suscité une demande d’urgence d’un sommet européen sur ce dossier, conformément aux annonces du Premier ministre suédois Ulf Kristersson.

Opérations sur le terrain
Sur le terrain, le Service de renseignement extérieur ukrainien (HUR) a revendiqué la destruction récente, à l’aide de drones d’attaque, d’un système de défense aérienne SA-22 Greyhound sur la Crimée occupée, ainsi que des dégâts portés à un patrouilleur russe et à une station relais pour drones ennemis.

Par ailleurs, une attaque russe contre un immeuble résidentiel neuf à Odessa a causé des blessés et déclenché un incendie, une action qualifiée de bombardement terroriste et de crime de guerre par les autorités ukrainiennes.

Appel à l’unité politique en Suède
Dans le contexte européen, un appel pressant est fait en Suède pour voir les principaux partis politiques, y compris les sociaux-démocrates, les modérés et les démocrates suédois (SD), s’accorder sur la continuité des politiques de défense, du soutien à l’Ukraine et de l’engagement dans l’OTAN. L’absence d’un tel consensus politique s’avèrerait symboliquement lourde de conséquences dans une période de tension accrue.