Leonardo réévalue les options concernant la branche camions du secteur des véhicules de défense d’Iveco qu’il a acquis plus tôt cette année. La cession à Rheinmetall, envisagée initialement, ne constitue désormais qu’une possibilité parmi plusieurs, d’autres acteurs s’étant également manifestés auprès du groupe, selon son directeur général et son directeur financier.
Iveco Defence Vehicles (IDV), intégrée dans les comptes de Leonardo depuis le 1er avril, a contribué aux résultats du premier semestre à hauteur de trois mois. Le directeur financier Giuseppe Aurelio a indiqué lors de la présentation des résultats que l’activité rachetée affichait un carnet de commandes d’environ 6 milliards d’euros, avec des commandes portant sur 0,6 à 0,7 milliard d’euros et un chiffre d’affaires de 0,4 milliard sur la période, des chiffres conformes aux attentes annuelles pour les neuf mois de consolidation.
Un accord préalable avec Rheinmetall concernant les opérations liées aux camions avait été qualifié d’informel. « Il s’agissait d’un accord de principe, mais sans engagement formel ou obligation de leur part pour étudier cette opportunité », a précisé Giuseppe Aurelio. « Rheinmetall demeure une option, mais pas la seule. »
Le dirigeant a souligné que l’activité avait mieux performé que prévu et que les inquiétudes initiales s’étaient apaisées. « Nous constatons que le secteur des camions est en croissance. Il est rentable », a-t-il affirmé, ajoutant qu’une équipe dédiée à l’intégration avait travaillé « pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement, qui était une source d’inquiétude pour nous, n’étant pas un groupe automobile ». Selon lui, « nous sommes désormais mieux placés pour évaluer les différentes options et choisir la solution la plus avantageuse ».
Le directeur général Lorenzo Mariani a indiqué que les discussions avec le groupe allemand restaient en cours dans le cadre de leur relation existante. « Nous poursuivons nos échanges avec Rheinmetall dans le cadre du contact permanent que nous entretenons via la coentreprise. Pas de précipitation, ce n’est qu’une hypothèse », a-t-il expliqué, avant de révéler un intérêt de tiers : « Par ailleurs, nous avons reçu des sollicitations d’autres acteurs souhaitant potentiellement entamer des discussions d’acquisition ».
Concernant la répartition de l’activité au sein d’IDV, Giuseppe Aurelio a précisé que l’exercice 2023 devrait voir une domination des véhicules blindés représentant environ 50 % à 55 % de l’ensemble, bien que le deuxième trimestre ait été « beaucoup plus déséquilibré en faveur du secteur blindé, au sein duquel nous bénéficions d’une marge plus élevée », ce qui explique un niveau de rentabilité supérieur à la normale sur cette période. La société a confirmé un retour sur chiffre d’affaires de 11 % pour IDV sur les neuf mois consolidés.
Leonardo a finalisé l’acquisition d’IDV auprès du groupe Iveco pour un montant de 1,6 milliard d’euros. Giuseppe Aurelio a indiqué que ce paiement avait été le principal facteur de la hausse de l’endettement net attendue à 3,2 milliards d’euros, tout en qualifiant la situation financière de solide et conforme aux objectifs de levier fixés pour la période 2026-2028. Hors trésorerie détenue par la coentreprise MBDA, il a estimé la dette nette aux alentours de 1 milliard d’euros.
Cette acquisition confère à Leonardo une position dans les systèmes terrestres, associant IDV à Oto Melara au sein d’une nouvelle division. Lorenzo Mariani a souligné que cette opération permettait d’entrer dans « un nouveau domaine, celui du champ de bataille terrestre », tout en apportant une capacité industrielle et de production susceptible d’être mise à disposition d’autres entités du groupe.
Leonardo opère également une coentreprise dans les systèmes terrestres avec Rheinmetall, qui selon Mariani a déjà lancé un premier contrat pour l’Italie. Il s’est montré optimiste quant à la conclusion prochaine de deux autres contrats, portant sur un nouveau lot du programme de véhicule de combat d’infanterie blindé et sur un char de combat principal basé sur le Panther, précisant que ces dossiers pourraient être signés avec ou sans financement via l’instrument européen SAFE.