Un ressortissant chinois a été condamné à six mois de prison après avoir de nouveau photographié la base aérienne de Whiteman, installation sensible abritant la flotte du bombardier furtif B-2 Spirit, malgré un avertissement préalable, selon l’US Air Force.
Qilin Wu a été placé en détention fédérale pour une durée de six mois après avoir pris à plusieurs reprises des clichés de la base de Whiteman dans le Missouri, la plaque tournante des opérations du B-2 Spirit, révèle le UK Defence Journal.
Selon un communiqué de l’US Air Force, Wu est retourné sur la base après avoir été explicitement averti de ne pas photographier les installations. Les enquêteurs ont relevé qu’il avait capturé des images non seulement des aéronefs, mais également du périmètre et des infrastructures, ce qui a déclenché une investigation par l’Office of Special Investigations (AFOSI) de l’US Air Force, aboutissant à sa reconnaissance de culpabilité et à sa condamnation.
Ce dossier s’est appuyé sur l’article 795 du Titre 18 du Code des États-Unis ainsi que sur le décret présidentiel 10104, une mesure vieille de 76 ans signée par Harry Truman. Cette législation interdit la prise de photographies, croquis, cartes ou toute autre représentation visuelle non autorisée de sites militaires désignés, d’aéronefs, d’armes ou d’équipements, dès lors que la diffusion générale de ces éléments est interdite. Les autorités militaires américaines présentent cette procédure comme un exemple d’une réglementation ancienne adaptée aux enjeux sécuritaires actuels concernant des installations militaires sensibles.
Le colonel David Bethel, commandant la région 8 de l’AFOSI, a expliqué : « Pour nos agents spéciaux, il ne s’agit pas d’un cas isolé. C’est la reconnaissance que l’environnement opérationnel a changé. » Il a souligné que les enquêteurs devaient désormais prendre en compte des activités proches des bases militaires aux États-Unis qui ne représentent pas toujours une menace évidente. « Lorsque quelqu’un recueille des informations autour d’une installation militaire sensible, l’AFOSI dispose des moyens pour le tenir responsable », a-t-il ajouté.
L’incident a débuté le 2 décembre 2025, lorsqu’une patrouille du 509th Security Forces Squadron a répondu à un signalement concernant un fourgon suspect stationné près du périmètre de Whiteman. Wu, circulant avec une plaque d’immatriculation du Massachusetts, a indiqué aux agents qu’il était venu observer les B-2. Les enquêteurs ont précisé que l’inquiétude est née de son retour malgré l’avertissement, ainsi que de la diversité des sujets photographiés sur la base.
Un haut responsable de l’AFOSI impliqué dans l’enquête a déclaré : « Ce qui différenciait ce dossier, c’était la répétition du comportement. » L’US Air Force a confirmé que Wu avait aussi admis avoir pris des photos d’aéronefs et d’installations sur d’autres bases américaines, notamment en Floride et en Virginie. Le compte rendu officiel ne mentionne pas de condamnation pour espionnage, mais insiste sur l’infraction liée à la photographie non autorisée de sites militaires protégés.
Après son jugement, Wu a été remis au Service des Marshals des États-Unis. L’US Air Force a indiqué qu’il avait ensuite été placé sous mandat d’arrêt de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) avec une prochaine procédure d’expulsion vers la Chine.
La base aérienne de Whiteman est le site principal d’exploitation du B-2 Spirit, un des bombardiers stratégiques les plus sensibles et sophistiqués des États-Unis.
Elle abrite le 509th Bomb Wing et constitue un élément clé de la capacité américaine de frappe nucléaire et conventionnelle à longue portée, ce qui fait de la surveillance de son périmètre une priorité majeure en matière de contre-espionnage et de protection des forces.
L’AFOSI a assuré qu’elle poursuivra ses investigations sur toute photographie non autorisée autour de sites et équipements protégés, chaque cas étant évalué selon son contexte particulier. Le colonel Bethel a insisté sur l’importance du rôle du personnel de sécurité des installations et des enquêteurs fédéraux pour détecter les activités potentiellement préoccupantes avant qu’elles ne se développent davantage : « Le travail du détachement 811 a permis une dissuasion stratégique. Ce dossier illustre le professionnalisme, l’intégration et la discipline opérationnelle de l’AFOSI nécessaires pour défendre nos installations dans un environnement de menaces toujours plus complexe. »