Le président américain Donald Trump a émis une directive ordonnant à la Marine américaine d’abandonner ses systèmes de lancement électromagnétiques d’avions (EMALS) au profit d’un retour aux catapultes à vapeur pour les futurs porte-avions.
Les catapultes EMALS expulsent les avions de chasse depuis le pont d’envol grâce à un moteur à induction linéaire, offrant une meilleure précision et un temps de recharge réduit par rapport aux pistons traditionnels propulsés par de la vapeur haute pression.
Ce mémorandum de sécurité nationale impose au Pentagone de présenter dans un délai de deux mois un plan de mise en œuvre, ciblant notamment l’USS Doris Miller (CVN-81), le quatrième porte-avions de la classe Gerald R. Ford actuellement en construction, ainsi que ses navires jumeaux.
Les bâtiments plus anciens, y compris le premier de la série, l’USS Gerald R. Ford (CVN-78), conserveront leur matériel actuel.
Donald Trump a depuis longtemps critiqué la technologie EMALS, la qualifiant de « trop complexe » et affirmant qu’« une simple goutte d’eau sur les aimants suffit à les rendre inutilisables », tout en saluant la robustesse des systèmes à vapeur et hydrauliques éprouvés, assurant qu’ils permettront « des porte-avions opérationnels grâce à des technologies testées au combat ».
Réactions de l’industrie et de l’opposition
Des analystes et des industriels de la défense alertent sur le coût potentiel dans les milliards de dollars et les retards pouvant s’étaler sur plusieurs années, car modifier des navires conçus pour une infrastructure entièrement électrique représente un défi mécanique majeur. De plus, la production de catapultes à vapeur traditionnelle a cessé depuis plusieurs décennies.
General Atomics, l’entreprise de défense chargée du système EMALS de l’USS Doris Miller, dont le travail est à moitié achevé, a déclaré que « changer de cap maintenant engendrerait des risques importants en termes de coûts, de calendrier et d’intégration ».
Le camp opposé aux États-Unis a également critiqué cette décision, soulignant que le système EMALS permet de réduire les coûts d’exploitation d’environ 100 millions de dollars par an et diminue significativement les effectifs nécessaires sur le pont d’envol.
« J’ai effectué des centaines de lancements depuis l’avant des porte-avions, je suis titulaire d’un master en ingénierie aéronautique et pilote d’essai, et même dans ces conditions, je ne proposerais pas à la Marine de concevoir un système spécifique », a expliqué le sénateur de l’Arizona, Mark Kelly.

Photo : La Chine affirme pouvoir couler le porte-avions américain USS Gerald R. Ford avec 24 missiles balistiques. Photo : US Navy