La Suède a annoncé un engagement financier de 500 millions de couronnes suédoises (environ 53 millions de dollars) pour cofinancer des projets visant à renforcer la production européenne de composants essentiels pour les munitions.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme européen de l’industrie de défense (EDIP) doté de 165 millions d’euros (193 millions de dollars), et plus précisément de l’initiative Energetic Components, qui vise à augmenter la production européenne de poudre, explosifs, ainsi que d’autres composants clés des munitions.
Plusieurs entreprises suédoises ont été sélectionnées pour ces projets, notamment EURENCO Bofors, Sweden Ballistics (SWEBAL), Norma Precision, Nammo Sweden, et JUNGHANS Microtec. Leur travail porte sur l’expansion de la production de charges propulsives et d’amorces pour le système d’artillerie Archer, ainsi que sur la production de munitions de petit calibre et d’explosifs.
Concrètement, pour chaque investissement de 250 millions de couronnes suédoises apporté par l’UE dans un projet suédois, l’État suédois s’engage à l’égaliser, tandis que l’industrie couvre le reste des coûts. Selon le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, ce mécanisme permettra à la fois d’accroître la capacité des usines existantes et de mettre en place de nouvelles lignes de production.
Cette démarche répond à une problématique majeure : la pénurie de matériaux critiques pour la fabrication de munitions, tels que les explosifs (TNT, RDX) et les propulseurs (nitrocellulose).
De nombreux projets similaires sont en cours au sein de l’OTAN pour lever ces goulets d’étranglement, nécessitant des investissements importants et des infrastructures spécialisées. Par exemple, Rheinmetall investit 650 millions d’euros dans la production de poudres propulsives et de précurseurs, tandis que le polonais Nitro-Chem prévoit de doubler sa capacité de production de TNT à 20 000 tonnes annuelles.
Historiquement dépendante des importations, notamment chinoises, l’Europe développe maintenant des sources alternatives, comme des matières premières issues des forêts nordiques transformées en intrants industriels.
SWEBAL, qui avait déjà reçu 400 millions de couronnes pour achever son usine de TNT à Nora (capacité annuelle prévue de 4 500 tonnes d’ici 2028), illustre cette dynamique.
Le modèle suédois montre comment un cofinancement national peut maximiser l’effet des fonds européens en réduisant les risques financiers de projets lourds et longs à mettre en œuvre. Cette stratégie encourage aussi l’industrie à s’engager sur le long terme grâce à des contrats pluriannuels et un accès facilité aux autorisations et à l’énergie, conditions indispensables pour garantir la souveraineté européenne en matière d’approvisionnement en composants de munitions.