Selon un rapport annuel du Département de la Défense des États-Unis, les agressions sexuelles signalées par les troupes déployées ont doublé en 2025, avec un nombre particulièrement élevé de cas rapportés en Pologne.
Statistiques globales et déploiements
Dans l’ensemble, le nombre total de signalements d’agressions sexuelles dans l’armée américaine a légèrement diminué de 2%, avec 7 998 cas recensés en 2025. Toutefois, le nombre de cas signalés par les soldats déployés est passé de 120 en 2024 à 246 en 2025, un chiffre qui s’approche du pic de 247 en 2023, considéré comme le plus élevé de la décennie.
La Pologne en tête
Plus de 25% des agressions signalées en mission proviennent de troupes stationnées en Pologne, où environ 10 000 militaires américains sont présents dans le cadre des rotations de l’OTAN depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022. Elles représentent 73 agressions, soit plus du double des deux autres sites les plus touchés : le Koweït (30) et le Qatar (24). Il s’agit de la troisième année consécutive que la Pologne arrive en tête des cas rapportés.
Nature des agressions et difficultés du signalement
La majorité des agressions concernent des membres des forces eux-mêmes, avec plus de la moitié des cas non restreints imputés à d’autres militaires. Ce type d’agression est commun en déploiement, contrairement aux stations habituelles où des victimes peuvent aussi être agressées par des civils. Les victimes sont souvent réticentes à se signaler, notamment en raison de l’isolement loin de leur famille et du risque de nuire à leur carrière, ce qui complique la prise en charge et les ressources disponibles.
Sous-déclaration importante
Un sondage interne a estimé que seulement un tiers des agressions sexuelles réelles sont effectivement signalées aux autorités militaires. En 2025, on estime que près de 20 500 soldats ont subi des contacts sexuels non désirés, soit trois fois plus que le nombre officiel de signalements. Ce chiffre, même s’il montre une amélioration par rapport à 2021 où la sous-déclaration était cinq fois plus élevée, souligne un problème important de confiance et de peur parmi les victimes vis-à-vis du système de signalement.
Cette situation met en lumière les défis persistants dans la lutte contre les agressions sexuelles dans les rangs militaires, particulièrement en situation de déploiement à l’étranger, et insiste sur l’importance d’améliorer le soutien et la protection des victimes.
