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Des sous-marins spécialisés russes ont été utilisés pour surveiller des infrastructures sous-marines critiques autour des eaux britanniques, dans le cadre d’une campagne qualifiée de guerre hybride par des responsables européens et américains. Cette opération, révélée en avril 2026 par le gouvernement britannique, viserait à préparer d’éventuels actes de sabotage sur les câbles et pipelines sous-marins.

Les navires impliqués appartiennent à la Direction principale des recherches en haute mer (GUGI), une branche spécialisée du ministère russe de la Défense indépendante de la Marine. Cette unité emploie une flotte de sous-marins et autres navires dédiés à la reconnaissance et à la collecte de renseignements maritimes, avec la capacité potentielle de couper ou désactiver les infrastructures sous-marines.

Cette menace sous-marine dépasse les eaux britanniques. En effet, les autorités américaines et de l’OTAN ont alerté leurs alliés en 2023-2024 concernant la cartographie active par la Russie des infrastructures sous-marines, particulièrement en mer Baltique. Entre décembre 2025 et janvier 2026, au moins six cas suspectés de sabotage ou de perturbations sur des câbles de télécommunications ont été identifiés, certains impliquant des ancrages traînés sur le fond marin.

Des incidents notables incluent la détention par les autorités finlandaises en décembre 2025 d’un cargo battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, suspecté d’avoir endommagé un câble reliant la Finlande et l’Estonie. Un an plus tôt, un pétrolier immatriculé aux îles Cook, parti du port russe d’Ust-Luga, avait lui aussi été saisi pour suspicion de dommages sur plusieurs câbles et un pipeline électrique sur le même trajet, entraînant des poursuites contre plusieurs membres d’équipage.

Par ailleurs, deux incidents ont été associés à des navires enregistrés en Chine, bien que certains analystes suspectent une implication des services de renseignements russes plutôt que du gouvernement chinois. En novembre 2024, les coupures simultanées des câbles reliant la Lituanie à la Suède et l’Allemagne à la Finlande ont nourri des doutes quant à un accident, comme l’a affirmé le ministre allemand de la Défense.

La directrice du GCHQ, Anne Keast-Butler, a indiqué en mai 2026 que la Russie amplifie ses activités hybrides quotidiennes contre le Royaume-Uni et l’Europe, ciblant sans relâche les infrastructures critiques, les processus démocratiques, les chaînes d’approvisionnement et la confiance publique.

Face à cette menace, l’OTAN a lancé en janvier 2025 l’opération Baltic Sentry afin d’accroître sa présence en mer Baltique et de renforcer la protection des infrastructures sous-marines. L’alliance a également rappelé que des menaces hybrides pourraient déclencher l’article 5 du Traité de Washington, qui considère une attaque contre un membre comme une attaque contre tous.

La Russie nie systématiquement toute responsabilité dans ces incidents, tandis que l’attribution définitive reste souvent difficile voire impossible, certains cas étant bien documentés et d’autres reposant sur des preuves circonstancielles.

Sources : ukdefencejournal