Un rôle clé pour le Royaume-Uni dans la sécurité méditerranéenne
Un expert en renseignement open source suggère que la Grande-Bretagne devrait tirer parti de ses bases à Chypre, de sa présence navale et de ses relations avec la Grèce, la Turquie et l’Égypte pour combler un vide stratégique dans la gestion militaire de la partie sud-est de l’OTAN.
Depuis le recentrage de l’alliance atlantique vers son flanc oriental, notamment après l’invasion russe de l’Ukraine, un manque de cadre opérationnel clair se fait en effet sentir en Méditerranée orientale, malgré l’élargissement de l’OTAN avec la Finlande et la Suède et le renforcement en Europe du Nord et dans les États baltes.
Trois leviers pour une stratégie britannique
L’analyste propose une approche en trois volets :
1. La mise en place d’un cadre trilatéral avec la Grèce et l’Égypte axé sur la sécurité maritime depuis la Méditerranée orientale jusqu’au canal de Suez et à la mer Rouge. Un sommet annuel, un groupe de travail permanent et des exercices conjoints renforceraient une architecture régionale de sécurité forte.
2. Le développement d’une coopération navale approfondie avec la Grèce et Chypre, incluant plus d’exercices réguliers, un partage accru du renseignement sur les activités navales russes et chinoises et des facilités d’accès formalisées,
3. La protection des infrastructures critiques et de l’énergie, en traitant les installations sous-marines et les câbles télécoms comme des enjeux stratégiques majeurs. Le Royaume-Uni pourrait s’inspirer de la mission Baltic Sentry en mer Baltique pour créer une démarche similaire en Méditerranée.
La Turquie, un acteur inévitable
En dépit d’un démarrage à trois, la Turquie, qui contrôle les passages clés du Bosphore et des Dardanelles, resterait centrale pour une extension future de cette architecture sécuritaire. L’idée est de l’intégrer progressivement aux efforts régionaux, notamment en matière de sécurité maritime.
Un test pour le concept de défense 360° de l’OTAN
Le bassin méditerranéen oriental devrait s’imposer comme une zone-clé dans la posture globale de l’OTAN, confrontée à un regain des tensions sur les frontières maritimes, l’énergie et la présence militaire. La position géographique, la capacité navale et les liens diplomatiques britanniques offrent une opportunité unique pour que le Royaume-Uni prenne l’initiative d’une réponse coordonnée plus forte de l’alliance au sud.
