Le programme Dreadnought, pilier de la dissuasion nucléaire britannique, est étroitement lié à la technologie américaine, notamment à travers des échanges techniques et un design commun avec la classe américaine Columbia.
Les quatre sous-marins britanniques Dreadnought, Valiant, Warspite et King George VI sont actuellement en construction chez BAE Systems à Barrow-in-Furness. La phase de livraison 4 a été financée à hauteur de 8,4 milliards de livres sterling, assurant la finalisation du premier navire, les essais en mer et son entrée en service prévue au début des années 2030. Côté américain, le premier sous-marin de la classe Columbia, District of Columbia, est achevé à environ 65 % et sa livraison est estimée entre fin 2028 et mars 2029.
Le lien principal entre les deux classes réside dans le Common Missile Compartment, une section centrale modulaire regroupant les tubes lance-missiles. Le modèle américain comporte seize tubes tandis que le britannique en possède douze, dont huit sont dédiés aux missiles Trident II D-5. Le Royaume-Uni a participé financièrement à la conception de ce compartiment, apportant une part importante des fonds initiaux.
Au-delà du compartiment de missiles, l’échange technologique porte également sur la propulsion nucléaire. L’organisation conjointe américaine Naval Reactors, responsable de la propulsion nucléaire de la marine américaine, collabore avec le ministère britannique de la Défense dans le cadre de l’accord de défense mutuelle de 1958. Cet accord permet au Royaume-Uni d’accéder à la technologie américaine nécessaire à la conception du système de propulsion nucléaire de la classe Successor (nouveau nom du programme Dreadnought).
Un bureau basé au Royaume-Uni et composé d’environ quarante ingénieurs américains assure un soutien technique permanent, financé par le ministère de la Défense britannique. Le réacteur britannique utilisé, dénommé PWR3, repose sur une conception américaine mais intègre des technologies nucléaires britanniques de nouvelle génération.
