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Un rapport publié le 21 août par le Government Accountability Office (GAO) révèle que le coût des travaux de maintenance nécessaires sur les casernes et autres installations militaires a doublé en cinq ans, atteignant désormais 285 milliards de dollars.

Ce montant reflète un retard croissant dans l’entretien des bâtiments du Département de la Défense, qui possède plus de 736 000 installations dans le monde. En 2020, le retard s’élevait à 137 milliards de dollars, mais une progression significative est constatée depuis.

Le rapport critique le Pentagone pour ne pas avoir sollicité suffisamment de fonds auprès du Congrès afin de financer pleinement les réparations, les améliorations et la construction des infrastructures. Actuellement, les services militaires financent environ 80% de leurs besoins d’entretien, en deçà de l’objectif fixé par le Département à 90%.

Le vieillissement des bâtiments aggrave la situation : environ un tiers des constructions sur les bases américaines ont plus de 50 ans, avec des exemples à l’appui comme au Marine Corps Air Ground Combat Center de Twentynine Palms en Californie, où certains bâtiments ont plus de 80 ans. Certains présentent des risques sanitaires, comme la présence de moisissures et d’amiante.

Les conditions de travail se dégradent également en raison de difficultés persistantes à recruter et retenir du personnel d’entretien. Ces challenges sont particulièrement marqués dans les installations isolées et éloignées, telles que les bases d’Andersen à Guam. Pour pallier ces difficultés, certaines bases ont recours au programme de visas H-2B pour employer des travailleurs étrangers, notamment venant des Philippines.

Le GAO recommande au Département de la Défense d’évaluer les risques que ce retard d’entretien fait courir aux missions militaires et à la qualité de vie des soldats, et de renforcer la supervision et les rapports annuels sur l’entretien. Le Pentagone, tout en acceptant certaines recommandations, refuse cependant d’augmenter la surveillance qu’il subit, invoquant l’absence de capacité à gérer un tel niveau de contrôle.

Le retard cumulé nuit depuis longtemps aux conditions de vie des militaires, freinant aussi le recrutement et la fidélisation des personnels. Pour tenter de remédier à cette situation, le Pentagone a demandé 57 milliards de dollars dans son budget pour l’année fiscale suivante, initiative qui reste toutefois en décalage avec les besoins réels signalés.

En résumé, la maintenance des infrastructures militaires américaines est une problématique majeure et croissante, nécessitant des efforts soutenus tant financiers qu’humains pour éviter un impact négatif sur la capacité opérationnelle des forces armées.

Sources : Taskandpurpose