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En juillet 2023, le Portugal a signé un accord avec l’Italie pour l’acquisition de trois fragates multimissions FREMM EVO, après avoir rejeté une offre française. Ce contrat, d’un montant estimé à 3,9 milliards d’euros, comprend non seulement les navires mais aussi leur maintien en conditions opérationnelles (MCO) sur 30 ans, ainsi que le transfert de technologie à l’industrie navale portugaise.

Le financement principal provient d’un prêt de 5,8 milliards d’euros accordé par la Commission Européenne dans le cadre de l’initiative SAFE (Action de Sécurité pour l’Europe), avec un taux d’intérêt préférentiel à rembourser sur 45 ans. Le contrat est attribué à Orizzonte Sistemi Navali, une coentreprise italienne réunissant Fincantieri (51%) et Leonardo (49%). La livraison des fragates est prévue entre 2029 et 2030, un délai qui a pesé dans le choix du chantier.

Le coût du programme suscite la controverse, notamment parce qu’il est nettement plus élevé que celui d’une commande similaire effectuée par la Marine italienne en 2024 : deux FREMM EVO pour environ 1,5 milliard d’euros. Selon des analyses, le prix unitaire payé par le Portugal serait 25% plus cher, dépassant le milliard d’euros par navire, soit une majoration de plus de 40% par rapport au coût italien sur l’ensemble du programme.

Cette différence s’explique en partie par le fait que la Marine italienne opère déjà dix FREMM, bénéficiant d’économies d’échelle et d’une base industrielle établie. Au contraire, la Marine portugaise démarre à zéro et a demandé une configuration légèrement différente, bien que le ministère de la Défense portugais affirme que les navires seront identiques à hauteur de 95% pour assurer interopérabilité et réduction des coûts liés au cycle de vie.

Le reste du financement, environ 800 millions d’euros, couvre la fourniture de pièces de rechange et l’appui logistique intégré, mais ne prétend pas englober la totalité des frais de maintenance évolutive, incluant remplacements, formation, mises à jour technologiques et gestion de l’obsolescence.

La polémique s’est amplifiée au Portugal où l’opposition affirme que la différence de coût n’est pas justifiée par les spécificités techniques des navires, et critique la perte de pouvoir de négociation liée à la réduction du nombre de fournisseurs, les délais longs de livraison contraignant à ne retenir qu’un seul constructeur.

Enfin, le ministère portugais a précisé que des ajustements de prix se feront en fonction de l’inflation jusqu’à la livraison effective des fragates.

Sources : galaxiamilitar