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Le programme du chasseur furtif de cinquième génération indien, Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), franchit une étape cruciale avec la finalisation de la conception principale. L’Aeronautical Development Agency (ADA) a annoncé que le travail d’ingénierie fondamental est « plus ou moins terminé », avec un premier prototype prévu pour fin 2027, suivi d’un premier vol en 2028. Ce développement s’inscrit comme un élément clé de la modernisation de l’armée de l’air indienne face à un contexte régional en évolution.

L’AMCA est conçu comme un appareil bimoteur polyvalent, combinant furtivité avancée, supercroisière et systèmes avioniques de dernière génération. Il a déjà passé avec succès des tests en soufflerie ainsi que des simulations par dynamique des fluides numérique (CFD). Ces essais ont permis d’optimiser le profil furtif, les soutes internes d’armes et l’architecture de fusion des capteurs. Toutefois, les données définitives ne seront confirmées qu’au cours des phases de test en vol, lors de l’expansion de l’enveloppe de vol du prototype. Selon un responsable de l’ADA, « les données brutes du premier prototype confirmeront nos prévisions et ce que nous pouvons réaliser ».

Les ressources de l’ADA sont actuellement réparties entre deux équipes : l’une dédiée à finaliser la conception de l’AMCA, l’autre concentrée sur le Twin Engine Deck Based Fighter (TEDBF), une variante embarquée destinée à la marine indienne. Le TEDBF reprend nombre de technologies développées pour l’AMCA, tout en s’adaptant aux exigences navales, avec notamment des trains d’atterrissage renforcés et des matériaux résistants à la corrosion. Ce double effort illustre la volonté indienne de bâtir un écosystème aéronautique complet et intégré entre les forces.

La progression de l’AMCA contraste avec les difficultés rencontrées lors du développement du Tejas Light Combat Aircraft (LCA), marqué par des retards liés à l’intégration précoce de technologies non éprouvées. Cette fois, l’ADA adopte une stratégie plus proactive en matière d’essais en vol afin d’accélérer la maturation technologique.

À titre de comparaison, le Tejas avait mis près de deux ans après son premier vol en 2001 pour démontrer une capacité persistante en vol supersonique. Pour l’AMCA, ces étapes critiques sont prévues « dans les premières semaines » de tests, grâce à l’intégration dès le départ de sous-systèmes matures tels que le radar à antenne active Uttam AESA et les moteurs GE F414 pour la version Mk1.

Le calendrier global du programme est ambitieux, avec une finalisation prévue d’ici fin 2034. Cela permettra à l’armée de l’air indienne de lancer l’induction et la production à faible cadence des premières séries Mk1 dès 2035, conformément aux objectifs du plan d’intégration à long terme (Long-Term Integrated Perspective Plan) sur 15 ans. Les versions Mk2, équipées de moteurs indigènes plus puissants développés par GTRE, devraient suivre et renforcer la flexibilité opérationnelle ainsi que le potentiel d’exportation de la plateforme.

Étape clé Calendrier prévu Objectif principal
Assemblage du prototype Fin 2027 Assemblage final chez HAL à Nashik
Premier vol 2028 Expansion de l’enveloppe de vol, validation supersonique
Maturation technologique 2030-2032 Revêtements furtifs, systèmes de mission pilotés par IA
Reconnaissance opérationnelle complète Fin 2034 Intégration aux réseaux de l’armée de l’air
Induction (Mk1) À partir de 2035 Mise en service des escadrons initiaux

Ce rythme accéléré implique des défis, notamment en matière d’approvisionnement en matériaux composites et en semi-conducteurs. Néanmoins, le partenariat solide entre l’ADA, Hindustan Aeronautics Limited (HAL) ainsi que des acteurs privés comme Tata Advanced Systems et Mahindra Aerospace vise à réduire les risques via l’ingénierie simultanée et l’utilisation de jumeaux numériques pour la simulation virtuelle.