Le général David Petraeus, ancien commandant des forces de l’OTAN et américaines en Afghanistan ainsi que directeur de la CIA, a récemment déclaré que le retrait des troupes américaines et alliées du pays n’était pas nécessaire au moment où il a eu lieu.
Lors d’une intervention à la Chambre des Lords le 1er septembre, il a affirmé que l’engagement militaire occidental avait atteint en 2020 un niveau durable, avec environ 2 500 soldats américains et 8 500 membres de la coalition toujours présents, chargés principalement d’ assister et conseiller les forces afghanes sans être engagés dans des combats directs.
Selon Petraeus, la comparaison avec la guerre du Vietnam, laquelle était devenue insoutenable en termes de pertes humaines et financières, montre que la présence en Afghanistan était au contraire encore viable. Il a critiqué le discours évoquant la fin des guerres sans fin, précisant que la question pertinente est plutôt la proportionnalité entre les coûts engagés et les intérêts protégés.
Le général a également pointé du doigt certains éléments ayant contribué à l’effondrement rapide des forces afghanes après le retrait : notamment l’obligation faite au gouvernement afghan de libérer environ 5 500 prisonniers talibans pour sécuriser l’accord de paix, considérée comme une concession inutile.
Il a surtout insisté sur la disparition concomitante de plus de 15 000 personnels civils occidentaux chargés du soutien technique crucial, notamment l’entretien des avions et hélicoptères américains fournis aux forces afghanes. Cette suppression d’expertises spécialisées a entraîné la perte de mobilité des 35 000 commandos afghans qui dépendaient de ces appareils pour se déplacer rapidement et renforcer les lignes de front.
Cette perte de capacité logistique a compromis la stratégie afghane, provoquant une accélération de l’effondrement militaire face aux Taliban. Petraeus a ainsi souligné que l’ efficacité militaire ne peut se mesurer uniquement aux effectifs et matériels déployés, mais dépend aussi des institutions, de la logistique, du renseignement, des technologies et des relations professionnelles nécessaires pour faire fonctionner ces capacités.
